Par Anthony Bellanger.

C'est une sorte de rituel de fin d'année : la publication par un le Jane's Defense Weekly, un magazine londonien de référence sur les affaires militaires, du classement des pays en fonction de leur dépenses militaires annuelles.

C'est toujours passionnant de lire ce classement et surtout de le comparer aux années précédentes. C'est, en matière d'armement, une sorte de révélateur de l'importance relative des puissances mondiales et aussi des conflits à venir.

A tout seigneur tout honneur : les Etats-Unis restent, de loin et pour encore très longtemps, la 1ère puissance militaire au monde et ils ont donc les dépenses qui vont avec : plus de 600Mds$, c'est à dire 3 fois plus que le 2ème, la Chine.

A eux-seuls, ils représentent 40% des dépenses militaires mondiales. Pékin, qui pourtant dépense en armes autant que l'ensemble de l'Europe, n'est pas prête de rattraper Washington. Pourtant, c'est bien la Chine qui inquiète.

Ses dépenses d'armement auront doublé en 10 ans et l'Asie trouve ça si inquiétant qu'elle s'est mise au carré : les dépenses des voisins de la Chine représentaient 160Mds$ entre 2010-2015, ce sera presque un doublement entre 2016 et 2020.

Donc les Etats-Unis règnent en maître et la Chine inquiète... D'autres leçons à retenir ?

L'air de rien, l'Inde est devenue en 2016 le 5e budget militaire mondial. Elle a détrône l'Arabie saoudite et la Russie sur le podium. Je dis l'air de rien, parce que l'image du pays du Mahatma Gandhi, colle peu avec celle d'une puissance militaire.

Pourtant, ses dépenses militaires sont 5 fois supérieures à celles de son ennemi pakistanais. L'Inde qui, par ailleurs, a fait la guerre à la Chine en 1962 et a perdu. Plus jamais ça et ça se traduit par une modernisation accélérée de ses armées.

En 2018, l'Inde sera le 3e budget militaire au monde, devant la Grande-Bretagne. Ce qui tout un symbole pour New Delhi : devancer militairement l'ancienne puissance coloniale, 70 ans pile après l'indépendance du pays. Quelle revanche !

Et où se situe la Russie dans cette liste ?

La Russie qui ne quitte pas l'actu militaire depuis l'annexion de l'Ukraine et surtout son intervention massive en Syrie. La Russie que Barack Obama, aujourd'hui même, menace de représailles et accuse, excusez du peu, d'avoir fait élire Donald Trump.

C’est tout le paradoxe russe. La richesse de la Russie, son PIB, est celui de l'Italie, son budget militaire, celui de la France, ni plus ni moins : voilà la réalité.

Et pourtant, on n'entend parler que d'elle et du triomphe militaire, politique et géostratégique de Vladimir Poutine, nouveau Tsar, nouvel maître de l'ordre mondial.

Pourtant, la Russie joue clairement au-dessus de ses capacités militaires et économiques. Elle n'a, par exemple, qu'un seul porte-avions contre 10 pour les Etats-Unis.

Mais elle joue bien, vite et surtout sans pitié. Or en matière militaire, c'est cela qui compte : non pas menacer d'utiliser ses armes mais les utiliser pour de vrai et de façon décisive au bon moment.

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