L'Amérique en est là

Les mots pourront sembler excessifs. Ils peuvent choquer mais comment décrire ce qui se passe à Washington autrement qu’en disant que le nouveau président des Etats-Unis est un incapable, débordé par des dossiers qu’il ne maîtrise pas et de plus en plus indigne de ses fonctions ?

Comme dans la fable, le roi est nu, seul à se croire paré des plus beaux atours, et le meilleur exemple en est la conférence de presse qui a suivi, hier, ses entretiens avec le Premier ministre israélien.

Toute la question était de savoir si Donald Trump allait ou non rompre avec ce qui a toujours été la position des Etats-Unis : le soutien à un règlement de paix passant par la coexistence de deux Etats, israélien et palestinien. La veille, la Maison-Blanche avait laissé entendre qu’il y avait de la rupture dans l’air. Le président était donc très attendu sur ce point. Quelle nouvelle approche allait-il proposer ? Suspens et que dit M.Trump ?

Il dit ceci : « Je regarde deux Etats et un Etat et, si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content avec ce qu’ils préfèrent. Les deux me conviennent ». C’est du charabia. Il faut comprendre qu’il se satisferait d’une solution à deux Etats comme à un Etat mais sans que l’on sache ce qu’est, à ses yeux, la solution à un Etat. Est-ce un Etat binational dans lequel les Israéliens seraient vite minoritaires ? Un Etat pratiquant l’apartheid ou bien encore expulsant les Palestiniens vers la Jordanie ?

Le plus probable est qu’il ne le sait pas lui-même. Tout le contentera et d’ailleurs, incroyable, stupéfiant, il est pour la paix, ce qui est toujours ça puisque cela vaut mieux que s’il était pour la guerre.

C’était consternant, totalement consternant car l’extrême droite israélienne en a conclu que la solution à deux Etats était enterrée pendant que, sur cette lancée, l’homme qui occupe le bureau ovale ajoutait a propos du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, qu’il « aimerait que cela se fasse » – comme si la décision ne dépendait pas de lui – et conseillait à Benjamin Netanyahou, sur la colonisation des territoires occupés, de « faire preuve de retenue pour quelques temps ». Que voulez dire ce « pour quelques temps » ? En attendant quoi ? Mystère, mais peut-être n’était-ce qu’une formule, pour faire poli et meubler les blancs de sa pensée.

A Washington, la journée a également été russe.

Je crains d’à nouveau sembler en faire trop mais voilà un homme, devenu président des Etats-Unis, qui avait fait grand cas de son admiration pour Vladimir Poutine et de sa volonté de se rapprocher de lui et qui tweetait, hier : « La Crimée a été PRISE par la Russie sous Obama. Obama a-t-il été trop mou avec la Russie ? ».

Voilà donc un président qui fait un tête-à-queue sur la Russie parce que les révélations se multiplient sur les contacts entre son équipe et l’ambassade russe et que le Congrès, majorité républicaine comprise, veut maintenant savoir ce que sont vraiment les liens entre Donald Trump et le Kremlin.

Pour ne pas parler des autres blagues d’hier et s’en tenir à l’essentiel, on en est là. L’Amérique en est là.

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