Où l'on voit pourquoi les Etats-Unis restent si profondément attachés à la liberté de s'armer

Dans un magasin Good Guys Guns & Range, un client essaie un AR-15, une arme semi-automatique
Dans un magasin Good Guys Guns & Range, un client essaie un AR-15, une arme semi-automatique © Getty / George Frey

Américains, leurs élus et leur actuel président n’étaient en effet pas fous à lier de ne pas plutôt s’attaquer enfin à cette invraisemblable aberration qu’est la vente libre, aux Etats-Unis, non pas seulement d’armes individuelles mais de ces véritables armes de guerre que sont les armes automatiques, armes d’attaque par excellence et non pas de défense.  

Cette aberration est patente mais à quoi tient-elle ?

La première réponse est la puissance du lobby des marchands et détenteurs d’armes, la NRA, qui finance beaucoup de campagnes électorales et note tous les élus pour mieux dénoncer aux électeurs les partisans d’un contrôle. 

Cela compte évidemment, et beaucoup, mais un lobby n’est puissant qu’autant qu’il s’appuie sur de vrais soutiens. Le vrai problème est qu’il existe en Amérique un profond attachement à la liberté de s’armer à sa guise parce que cette nation s’est constituée par la guerre, celle que menaient des individus, les pionniers ; que ce sont ensuite des citoyens en armes qui l’ont libérée de la Grande-Bretagne, d’où le deuxième amendement de la Constitution qui garantit à chacun le droit de s’armer ; que les Américains, en troisième lieu, ne font pas confiance à l’Etat dont ils se méfient au contraire et que les tensions sociales et raciales demeurent enfin si fortes dans ce pays que la peur et, souvent, la haine de l’autre y sont les choses les mieux partagées.

Le problème est un fond historique et culturel qui façonne cette nation aussi sûrement que l’insularité la Grande-Bretagne, la Révolution la France ou l’immensité la Russie. Le problème est tellement national qu’à chaque nouvelle tuerie, on entend que l’existence de ces tueurs fous prouve la nécessité de s’armer tandis que les partisans d’une réglementation rétorquent, mais vainement, que si cette liberté assurait la sécurité, eh bien, on le saurait. 

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