Où l'on voit qu'il sera maintenant difficile de restaurer la prééminence américaine

« Fêter » ne serait pas le bon mot. Disons donc que c’est samedi prochain, le 20 janvier, qu’on déplorera la première année de Donald Trump à la Maison-Blanche et avant même les bilans et rétrospectives qui s’annoncent partout, l’heure est à trois questions. 

        La première est de savoir si la prééminence internationale des Etats-Unis pourra survivre à cet homme et c’est loin d’être sûr car Donald Trump, d’abord, succède à Barack Obama et Georges Bush, à deux présidents qui avaient largement amorcé le retrait américain de la scène internationale. 

Dans les dernières années de ses deux mandats, le second ne cherchait plus qu’à se sortir du chaos que son aventure irakienne avait semé au Proche-Orient. C’est sous Georges Bush que s’est amorcé le déclin politique de la puissance américaine et Barack Obama, malgré l’extraordinaire pertinence de ses discours de politique étrangère, n’a fait qu’accentuer le mouvement en refusant, à la dernière minute, d’aller clouer au sol l’aviation de Bachar al-Assad après qu’il eut gazé son peuple. 

« Lignes rouges », avait-il dit et le jour où il a préféré l’inaction alors que ces lignes avaient été franchies, Vladimir Poutine s’est senti libre de reprendre pied au Proche-Orient en volant au secours du boucher de Damas et plus personne au monde n’a plus tablé sur les Etats-Unis. 

C’est sur cette toile de fond qu’est arrivé M. Trump et sans même parler de son insondable vulgarité, il a accumulé tant de gaffes en douze mois, tant caressé la Chine après l’avoir voué aux gémonies, si bien tendu ses relations avec la Russie après avoir rêvé d’instaurer un condominium avec elle et si rapidement fait comprendre aux Européens qu’ils ne pouvaient plus compter sur Washington que le monde s’est déjà habitué à vivre sans gendarme américain. 

Comme il n’y en a pas d’autre, le monde est en quête de nouveaux rapports de force. L’Union européenne cherche à rattraper le temps perdu en tentant de resserrer ses rangs. La Chine montre ses muscles à tout le cantinent asiatique. La Russie se perd beaucoup dans d’improbables connivences turques et iraniennes et l’Inde se rapproche d’Israël tandis que les deux Corée ouvrent un dialogue. Chacun se cherche et l’on ne voit plus grand monde vouloir revenir demain dans le giron américain.

La deuxième question est de savoir qui aurait, après Trump, assez de force et d’aura pour restaurer l’autorité présidentielle aux Etats-Unis et la réponse est qu’on ne voit encore personne de taille à le faire. Quant à la troisième question, elle est bien sûr de savoir si cet homme pourra terminer son mandat est la réponse est « oui », aussi longtemps du moins que le Congrès sera majoritairement républicain.      

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