Le quotidien The Sun se rallie au Brexit : c'est un peu la panique dans le camp des partisans pour l'Union européenne...

  • Par Anthony Bellanger

Il a suffi d'une « une » appelant à voter pour le Brexit, c'est-à-dire le retrait de la Grande Bretagne de l'Union européenne, pour faire plonger la bourse de Londres et surtout totalement désorganiser la campagne du « in ».

Evidemment, vu de France, où les quotidiens nationaux ont des tirages de quelques centaines de milliers d'exemplaires, ça paraît incompréhensible. Mais il suffit de traverser la Manche pour comprendre : le Sun c'est près de 2M d'exemplaires quotidiens.

Et surtout, c'est le quotidien du peuple, de la Middle England, c'est-à-dire de l'Angleterre qui se lève tôt et travaille dur. Et lorsque le Sun prend position, c'est être dans le camp des gagnants. C'est pour cette raison que le Sun attend toujours le dernier moment.

Il attend quoi ?

Il attend que les enquêtes d'opinion désignent un vainqueur pour se situer du côté du manche. C'est comme cela qu'on a vu le Sun soutenir Tony Blair, le travailliste, après avoir été un soutien indéfectible des années conservatrices de Mme Thatcher.

Et le Sun mise sur le bon cheval depuis 1979, c'est-à-dire la première élection de la Dame de Fer. En clair, le camp du « in » a vraiment du souci à se faire. Pour le mesurer cette panique, il suffit de compter les milliards de £ sterling.

Je m'explique : plus la date du référendum approche, plus les milliards pleuvent : hier, le ministre britannique de l'Economie, George Osborne, a parlé de 30Mds£ de coupes budgétaires supplémentaires si la Grande Bretagne sortait de l'Union.

C'est vrai que les sondages donnent de plus en plus le Brexit vainqueur...

Personne n'aime être menacé, pas plus en Grande-Bretagne, qu'en France en 2005. Et puis les partisans du « in » ont commis toutes les erreurs possibles et imaginables.

Ils ont même trouvé malin de rappeler Tony Blair et John Major, le flic et l'assassin, les deux premiers ministres les plus impopulaires de l'histoire récente du pays pour supplier les Britanniques de voter « in ».

Finalement, en GB, les seuls à encore croire dans les chances du « in » sont les fameux bookmakers qui parient encore sur une courte victoire, mais une victoire tout de même. Enfin, il reste la carte de la Queen.

Elle pourrait intervenir ?

D'abord, elle et sa famille ont beaucoup à perdre en cas de retrait. Les centaines de milliers d'hectares de terres agricoles des Windsor sont largement subventionnées par l'Europe. Plus d'Europe, plus de subventions.

David Cameron pourrait donc ne pas résister à utiliser cette atout. N'imaginez pas forcément une déclaration en bonne et due forme à la télévision. Plutôt une petite phrase au détour d'un discours ou d'une réception.

Un exemple : il y a quelques mois, en Allemagne, au cour d'une visite officielle, la Reine avait expliqué qu'il fallait préserver « notre continent », en y incluant donc la Grande-Bretagne.

Ça n'a l'air de rien, mais vu de Londres c'est énorme : au Royaume-Uni on distingue toujours le continent de l'île de Grande-Bretagne. Que la Reine associe les deux dans une même phrase a été perçu comme un soutien clair en faveur de l'Union.

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