Où l'on voit comment et pourquoi l'élection d'Emmanuel Macron resserre les rangs entre Paris et Berlin

On verra ce que ça donne. C’est bien sûr aux résultats et non pas aux intentions qu’on jugera de l’apport de ce rendez-vous de Berlin mais Angela Merkel et Emmanuel Macron n’ont pas seulement laissé voir, hier, la chaleur et l’exceptionnelle confiance de leurs relations.

Sur le court terme, ils se sont engagés à travailler premièrement, à une refonte du statut des travailleurs détachés afin de mettre terme aux abus auxquels il donne lieu, deuxièmement à une harmonisation du droit d’asile et de son application dans les deux pays visant à une meilleure répartition de l’effort d’accueil des réfugiés et troisièmement, à une plus grande réciprocité dans les échanges entre pays de l’Union et pays non européens pour opposer une uniformité des règles aux concurrences déloyales.

C’est à des problèmes économiques et politiques brûlants que la chancelière et le président veulent ainsi s’attaquer sans délai et, à plus long terme, ils sont convenus de définir dans les prochaines semaines une feuille de route leur permettant d’œuvrer ensemble à des réformes du fonctionnement de l’Union et de la zone euro. Angela Merkel n’a, là, fermé aucune porte puisqu’elle a même envisagé une modification des traités sans laquelle il serait difficile de concrétiser les propositions d’Emmanuel Macron sur la création d’un ministère de l’économie de la zone euro ou le financement, par des emprunts communs, d’investissements dans les industries d’avenir.

« Nous devons approfondir la cohérence de la zone euro », a déclaré la chancelière en mentionnant notamment l’harmonisation des fiscalités. En plus de cette harmonisation fiscale, le président a, pour sa part, cité comme domaines de coopération prioritaire la formation professionnelle, les échanges de type Erasmus, la réouverture des classes bilingues en France, la sécurité et, naturellement, la Défense et la politique internationale qui ont occupé une grande place au cours du dîner qui a suivi le tête-à-tête entre les deux dirigeants.

« Nous voulons créer une nouvelle dynamique », a dit Mme Merkel tandis qu’Emmanuel Macron appelait à « une refondation historique de l’Europe » fondée sur « plus de pragmatisme et de volontarisme ».

Il y a, en un mot, un désir commun d’accélérer les choses dans l’Union qui tient à l’intérêt national des deux pays, à un patriotisme et ce n'est pas là un paradoxe.

Dimanche matin, Emmanuel Macron avait consacré l’essentiel de son discours à la nécessité de redonner force et influence à la France, d’opérer un retour de la France qui passe, à ses yeux, par un renforcement de l’unité européenne. Angela Merkel, elle, disait hier que « l’Allemagne ne peut se porter bien que si l’Europe peut se porter bien » et que « l’Europe ne peut se porter bien que si la France se porte bien ».

En défendant l’unité de l’Europe, les deux dirigeants veulent défendre chacun de leurs pays et les deux à la fois et puis il y a un contexte, fait des montées concomitantes des extrêmes droites partout dans le monde et des menaces aux frontières orientale et méridionale de l’Union. Cela fait un ciment à prise rapide.

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