Pour les Israéliens et les Palestiniens, le pire des drames est d’avoir à leur tête des incapables

Les Egyptiens ont joué les intermédiaires. A travers eux, les dirigeants du Hamas et d’Israël se sont parlés et, contrairement à celle d’avant-hier, la journée d’hier n’a pas été sanglante et presque totalement calme. 

         Cela ne tient pas du miracle. C’est tout simplement que la droite au pouvoir en Israël a compris que le bain de sang de lundi ne pouvait pas se répéter sans que l’image du pays n’en soit gravement atteinte et que le mouvement islamiste en contrôle de Gaza a enfin réalisé qu’il ne pouvait pas continuer à envoyer tant de gens se faire tuer en vain sans que les Palestiniens ne finissent par lui demander des comptes sur cette pure et simple folie. 

         Alors oui, mieux vaut tard que jamais mais on voit bien là à quel point le plus grand drame des Israéliens et des Palestiniens est de manquer d’hommes d’Etat. 

Prenons le Hamas. Ce mouvement s’était cru très fort en chassant l’Autorité palestinienne de Gaza en 2007 avant de faire pleuvoir ses missiles sur Israël mais le seul résultat en a été que la Bande de Gaza a été écrasée sous les bombes et asphyxiée par un blocus égypto-israélien. Le Hamas a conduit Gaza et les Palestiniens à la plus totale impasse avant de les lancer contre la frontière israélienne avec le bilan que l’on sait.

Prenons maintenant Benjamin Netanyahou. Il a su faire d’Israël la start-up nation qu’il est aujourd’hui et également su désespérer les Palestiniens et délégitimer leurs dirigeants en s’asseyant tranquillement sur tous leurs droits. Il a imposé un tel rapport de forces en faveur d’Israël qu’il pourrait aujourd’hui mettre sur la table un plan de paix mais il se tait, ne bouge pas, comme si les Palestiniens pouvaient simplement disparaître alors même que leur croissance démographique est telle qu’ils seront bientôt majoritaires en Israël. 

L’avenir de son pays à quinze ou vingt ans, M. Netanyahou ne sait, en un mot, pas même y penser, comme s’il lui manquait une case, celle de la paix. 

         Et puis il y a Mahmoud Abbas. Homme de modération, le président de l’Autorité palestinienne est aujourd’hui pratiquement sorti de scène, muet, impuissant et sans idées, alors qu’il aurait une chose à faire, aléatoire mais à faire. Il pourrait ouvrir les yeux des Palestiniens et considérablement embarrasser la droite israélienne en allant dire à la télévision qu’à chaque fois que les Palestiniens ont refusé un compromis, ils ont ensuite eu à en refuser un moins bon mais qu’ils sont aujourd’hui prêts à un règlement aux deux seules conditions qu’il y ait une continuité territoriale entre Gaza et la Cisjordanie et qu’un droit au retour des Palestiniens puisse s’exercer dans leur futur Etat. 

 Ce serait le bon sens mais pour ces deux peuples, le pire des drames est, oui, d’avoir à leur tête des incapables.

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