C’est « non ». C’est un « non » peut être moins définitif qu’il n’y parait car il fait suite à de premières réactions officieuses beaucoup plus nuancées mais, pour l’heure, la présidence du conseil israélien a catégoriquement rejeté toute idée de contacts avec le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale formé hier. La raison de ce refus est claire. Il tient au fait que « malheureusement, la plateforme de ce gouvernement n’inclut, ni explicitement ni implicitement, les trois principes internationaux de la reconnaissance d’Israël, de l’acceptation des accords passés et du renoncement au terrorisme ». Sur ce dernier point, la position israélienne est plaidable car le gouvernement d’union, « confirmant que la résistance est un droit légitime du peuple palestinien », estime que sa « suspension dépend de la fin de l’occupation et de l’obtention de la liberté, du droit au retour (celui des réfugiés) et de l’indépendance ». Les actions terroristes ayant toujours été considérées par le Hamas comme relevant de la résistance, il n’y a effectivement pas, fût-ce implicitement, de renonciation au terrorisme dans cette plateforme. Contrairement au gouvernement israélien, on ne saurait, pour autant, ignorer qu’elle se poursuit ainsi : « Malgré cela, par consensus national, le gouvernement d’union travaillera à maintenir la trêve et l’étendre pour qu’elle devienne complète, mutuelle et synchronisée en échange de l’engagement d’Israël à mettre fin aux mesures d’occupation ». Sur ce point, c’est comme on veut. Le verre est à moitié vide ou à moitié plein mais il est en revanche plein sur les deux autres, la reconnaissance d’Israël et l’acceptation des accords passés. Quand cette plateforme dit : « Le gouvernement travaillera avec la communauté internationale à mettre fin à l’occupation et à rétablir les droits légitimes du peuple palestinien », il ne dit pas, contrairement à la Charte du Hamas, qu’il faut détruire Israël et créer un Etat palestinien dans les frontières de l’ancien mandat britannique. Il dit exactement l’inverse car, dès lors que ce gouvernement veut « travailler avec la communauté internationale pour mettre fin à l’occupation », c’est à l’occupation des territoires occupés depuis 1967 qu’il veut mettre fin et pas à l’existence d’Israël. Si elle n’est pas explicite, la reconnaissance de l’Etat israélien est implicite et quand il est ajouté, dans cette plateforme, que le gouvernement palestinien « respecte les résolutions internationales et les accords signés par l’OLP » » il y a là une double rupture avec la position traditionnelle des islamistes puisque les résolutions internationales comme les accords signés par l’OLP – signés avec les Israéliens – reconnaissent évidemment Israël. En signant avec le Fatah cette plateforme qu’il a lui-même publiée sur son site, le Hamas vient de tourner une page. A persister à ne pas vouloir en prendre acte, à ne pas voir une dynamique, c’est lourdement qu’Israël se tromperait.

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