Côté démocrate, cela parait joué. Avec ses quatre et, semble-t-il, cinq victoires aux cinq primaires d’hier, Hillary Clinton a désormais toutes chances d’être la candidate de son parti à la présidentielle de novembre prochain. Côté républicain, en revanche, les choses sont moins claires.

Donald Trump s’est adjugé la Floride dont il a battu le jeune sénateur, Marco Rubio, qui avait été son adversaire modéré le plus crédible. Marco Rubio s’est retiré de la course et Donald Trump n’a plus en face de lui que deux autres candidats à l’investiture républicaine L’un, Ted Cruz, n’a plus guère de chances car il est moins tonitruant et encore plus conservateur que lui mais Donald Trump s’est trouvé hier un autre adversaire avec la victoire, dans l’Ohio, de John Kasich qui en est à son deuxième mandat de gouverneur de cet Etat après avoir passé 18 ans à la Chambre des Représentants.

Très éloigné de l’aile droite des Républicains John Kasich est un homme de poids et d’expérience. Sa retenue naturelle l’avait empêché jusqu’ici de s’imposer dans les débats télévisés mais, solide et consensuel, le voilà maintenant sous le feu des projecteurs. Depuis hier soir, le gouverneur de l’Ohio est peut-être en situation, on ne sait pas encore, de créer des difficultés à Donald Trump en lui ravissant assez de délégués pour qu’il ne puisse pas être automatiquement investi par la convention républicaine qui serait alors « ouverte », c’est-à-dire un champ de manœuvres, totalement indécis.

En tout état de cause, l'Amérique ressemble de plus en plus à l’Europe. Comme en Europe, sa scène politique se fragmente et s’éloigne toujours plus de l’habituelle alternance droite/gauche, démocrates/républicains en Amérique.

A gauche comme à droite, de nouveaux courants radicaux émergent avec, d’un côté, le socialiste Bernie Sanders aux Etats-Unis et Podemos ou Syriza sur le vieux continent et, de l’autre les nouvelles extrêmes-droites européennes et le Tea Party hier et Donald Trump aujourd’hui.

L’échiquier politique occidental est en pleine ébullition car, des deux côtés de l’Atlantique, de mêmes désarrois sont à l’œuvre.

Américaines et européennes, une large partie des classes ouvrières et moyennes se détournent de leur représentation traditionnelle, démocrate en Amérique, social-démocrate en Europe, car ces partis n’ont ni pu ni su les protéger du recul de leur pouvoir d’achat et de la nouvelle précarité de l’emploi.

Il y a une profonde angoisse sociale des milieux occidentaux les moins favorisés, d’une majorité des électeurs qui deviennent ainsi de plus en plus hostiles aux immigrés et aux minorités accusés de tous leurs maux.

C’est la dimension sociale de ces bouleversements en cours mais, au-delà d’elle, les électorats occidentaux sont profondément perturbés par le recul de l’influence de leurs pays sur la scène internationale. Les Occidentaux ont peur d’être menacés dans leur sécurité et cela explique, en Amérique comme en Europe, le succès des dénonciations non pas seulement du djihadisme mais de l’islam en bloc.

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