Un Sommet extraordinaire du G7 se tiendra aujourd'hui par visioconférence autour de la pandémie de coronavirus. Mais avec Donald Trump à la présidence tournante du groupe des principaux pays occidentaux, adversaire du multilatéralisme, il est difficile d'en attendre une véritable coordination pourtant nécessaire.

Donald Trump, affublé d’une casquette « USA », à l’issue d’une conférence de presse sur le coronavirus samedi 14 mars à la Maison Blanche.
Donald Trump, affublé d’une casquette « USA », à l’issue d’une conférence de presse sur le coronavirus samedi 14 mars à la Maison Blanche. © AFP / JIM WATSON / AFP

Il y a une victime collatérale de la pandémie de Covid-19, c’est la coopération internationale, pourtant indispensable s’agissant d’une menace qui, par définition, est globale. 

Aujourd’hui, se tiendra un sommet exceptionnel du G7, le club des principaux pays occidentaux ; en visioconférence bien sûr, car il n’est pas question de réunir ces dirigeants au même endroit ; il était temps, alors que le monde vit avec cette urgence depuis deux mois ; et la manière dont a été organisé ce sommet en dit long sur les raisons de cette lenteur.
 

Le Président en exercice du G7 est en effet … Donald Trump, qui a longtemps minimisé le coronavirus décrit comme un « hoax », un bobard inventé par ses adversaires, avant de décréter la semaine dernière l’urgence nationale. Et, depuis, le Président américain multiplie les mesures unilatérales, y compris vis-à-vis de ses alliés, comme la suspension des vols avec l’Europe ou une tentative d'"acheter" des chercheurs allemands pour faire main basse sur la recherche sur le virus.

Et ce n’est pas Donald Trump qui a pris l’initiative de cette conférence, mais Emmanuel Macron. Le Président américain a dit oui, mais a laissé son homologue français contacter les cinq autres. Difficile d’être moins motivé.

Il y a trois volets à la nécessaire coordination : sanitaire, d’abord, avec la progression de la pandémie de continent en continent ; la recherche ensuite, avec les efforts des scientifiques pour trouver un remède et un vaccin ; et enfin, c’est peut-être celui sur lequel le G7 est le plus pertinent, le volet économique, alors que le monde est menacé de récession.

Mais il ne faut pas trop en attendre. D’abord parce que Donald Trump n’aime pas les solutions multilatérales ; et il manque autour de la table quelques acteurs-clé, la Chine surtout, qui a eu à gérer la première bataille contre le coronavirus, qui dispose de chercheurs qualifiés, et sera indispensable à tout plan pour sauver l’économie mondiale.

L'ancien Secrétaire au Trésor Larry Summers, évoquait hier la manière dont la Chine avait été associée à la gestion de la crise financière de 2008-2009. Pour Summers, cet esprit de coopération n’existe plus, c’est sans doute le principal handicap aujourd’hui.

Ce n’est pas plus facile entre Européens, une pandémie génère des réflexes de repli chez les individus comme les États. L’Italie s’est sentie bien seule quand elle a lancé ses premiers appels à l’aide. Et les fermetures unilatérales de frontière se multiplient, en contradiction avec les traités européens.

Hier, un couac de communication s’est même produit entre les deux pays censés donner l’exemple, la France et l’Allemagne, avec l’annonce à Berlin de la fermeture de la frontière avec la France, rectifiée ensuite en contrôles accrus.

Certes, la santé ne fait pas partie des compétences générales de l’Union européenne, mais le chacun pour soi sur ce dossier est une déconvenue pour un bloc censé protéger ses citoyens. L’Union aura l’occasion de se rattraper sur le colossal volet économique. 

A tous les niveaux, la faiblesse de la coordination est à l’image d’un monde divisé, y compris face à une menace commune.

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