On n’y est pas. Ce n’est pas clair. On n’en est pas même à l’ébauche d’un compromis mais il y a, pourtant, trois choses à relever à l’issue de la première journée, hier, des nouvelles discussions entre l’Iran et les grandes puissances sur la question nucléaire.

La première est que le ton des échanges est différent et l’atmosphère infiniment plus détendue qu’elle ne l’avait jamais été durant les précédentes négociations. On a laissé tomber les interprètes pour se parler directement en anglais et les discussions plénières ont été suivies de discussions bilatérales, notamment avec les Américains qui se sont félicités d’avoir disposé « d’assez d’informations pour avoir des discussions techniques très détaillées ». Loin des dialogues de sourds auxquels on avait assisté ces dernières années, on se parle en gens qui seraient tous décidés à trouver un accord, aussi difficile qu’il soit.

Ce n’est pas rien. C’est important mais les représentants des 5+1, des 5 membres permanents du Conseil de sécurité et de l’Allemagne, sont à peu près unanimes à considérer pourtant qu’il n’y a encore rien de concrètement neuf, rien sur quoi l’on puisse déjà bâtir, car le plan présenté par les Iraniens n’est, à leur yeux, pas acceptable en l’état.

Tenu secret, ce plan prévoirait d’avancer en trois phases. Dans la première, de six mois maximum, les inspections internationales de sites iraniens seraient multipliées tandis que seraient levées les sanctions internationales, partiellement au moins. Dans la deuxième, seraient prises de mesures de confiance destinées à rassurer les grandes puissances sur le programme nucléaire de l’Iran que ses dirigeants présentent comme civil alors que les grandes puissances ne doutent pas qu’il soit bel et bien militaire. Dans la troisième phase, enfin, on arriverait à un accord de normalisation des rapports entre l’Iran et les grandes puissances sur la base d’une reconnaissance internationale du fait que l’Iran ne serait pas, ou ne serait plus, en marche vers la bombe.

A entendre les Iraniens, l’essentiel serait de s’entendre au plus vite sur l’objectif à atteindre – la troisième phase dans laquelle tous les soupçons seraient levés et les relations normalisées – et l’on pourrait ensuite voir comment y parvenir, les garanties à donner et les gestes d’apaisement que pourraient parallèlement faire les grandes puissances. Peut-être…

Pourquoi pas ? Mais le fait est (c’est le troisième point à relever) que les Iraniens voudraient ainsi obtenir une levée immédiate des sanctions au seul nom d’un objectif commun mais encore à atteindre alors même que, s’ils multiplient les gestes d’ouverture, c’est pace qu’il y a ces sanctions qui les mettent économiquement à genoux.

Ce n’est guère convaincant. Il serait bien risqué de céder sur l’essentiel avant d’avoir obtenu de vraies garanties mais la délégation iranienne n’a pas cessé, hier, de sous-entendre qu’elle ne pourrait rien proposer de mieux tant que les sanctions n’auraient pas été au moins assouplies car elle serait alors désavouée par l’aile la plus dure du régime islamique. On en est là. Rien n’est fait mais les discussions se poursuivent, dans une bonne atmosphère.

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