Un grand compromis se cherche entre Paris et Berlin. Il se cherche dans la tension et l’incertitude car rarement les désaccords auront été aussi profonds entre une Allemagne dont la priorité reste au retour à l’équilibres des comptes publics dans l’Union et une France plaidant qu’elle ne pourrait pas procéder à plus d’économie sans plonger dans la récession et que la zone euro, dans son ensemble, Allemagne en tête, se doit d’investir afin de relancer sa croissance.

On ne pourrait pas imaginer positions plus différentes. C’est pour cela qu’un compromis est tout, sauf certain mais le fait est, pourtant, qu’il se cherche depuis la rentrée avec des contacts incessants entre les deux capitales, le rapport qu’elles viennent de demander, pour la mi-novembre, à deux économistes français et allemand sur les moyens de relancer la croissance dans l’Union et de nouveaux rendez-vous prévus dans les jours à venir entre les ministres concernés.

Tout s’accélère parce que les projets de budgets nationaux, celui de la France comme les autres, ont été remis hier à la Commission qui devra dire, sous un mois, s’ils sont ou non conformes au Pacte de stabilité européen, ou à ses objectifs en tout cas. Entre Paris et Berlin, entre les deux premières économies de l’Union, un compromis doit être obligatoirement trouvé d’ici là car, dans le cas contraire, on entrerait sur la voie des sanctions prévues par ce Pacte et qu’on irait alors à une fracture politique entre pays de l’euro dont les conséquences seraient simplement incalculables sur les marchés, les taux d’intérêt, la crédibilité économique de l’Union et celle de la monnaie unique.

Il faut arriver à un compromis et cette évidente nécessité est la première raison de croire qu’on y parviendra. La deuxième est que la chancelière allemande ne peut pas ignorer qu’une crise de la zone euro porterait gravement atteinte à son pays puisque c’est avec elle qu’il fait l’essentiel de ses échanges et que ses autre partenaires ne sont pas au mieux de leur forme, la Russie notamment où le rouble n’en finit plus de dégringoler en raison des sanctions occidentales suscitées par le conflit ukrainien.

La troisième raison de croire à un compromis est que les sociaux-démocrates avec lesquels Mme Merkel gouverne en coalition souhaitent une relance européenne et des investissements en Allemagne, tout comme le patronat et les syndicats allemands, car l’économie allemande fléchit.

La quatrième raison poussant à un compromis est que le futur président de la nouvelle Commission, Jean-Claude Juncker, est lui-même partisan d’une relance à laquelle il entend consacrer 300 milliards d’euros. Quant à la cinquième, elle est que les Etats-Unis et les institutions financières internationales réclament à cor et à cris une relance européenne par crainte qu’une récession dans l’Union ne conduise le monde dans le mur. Il faut donc trouver un équilibre entre rigueur et investissements mais le diable, on le sait, est dans les détails.

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