Il n’y aura pas de surprise...

Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, ne perdra pas sa majorité lors des législatives de dimanche mais, à l’heure des résultats, le taux de participation comptera beaucoup.

Avec une économie en berne et un niveau de vie en chute libre, les Russes pourraient bien utiliser l’abstention pour exprimer une inquiétude, une perte de confiance, voire un mécontentement car jamais la situation de leur pays n’a été aussi mauvaise depuis l’arrivée au pouvoir de leur président, il y a seize ans.

Les caisses sont au plus bas, vidées par le recul des prix du pétrole et des matières premières dont la Russie tire l’essentiel de ses revenus, faute d’avoir investi dans sa réindustrialisation quand les cours étaient hauts. La Russie montre ses muscles en Ukraine et en Syrie mais, à l’intérieur de ses frontières, elle est une puissance pauvre dont les sanctions occidentales prises après l’annexion de la Crimée ont encore aggravé les difficultés.

L’année dernière, son Produit intérieur brut a reculé de près de 4%. Il a encore baissé d’un demi point au dernier semestre et, si cette dégringolade parait maintenant freinée, les Russes ne croient plus que leur avenir va s’améliorer. Loin de leur optimisme des années 2000, ils ont, au contraire, peur du chômage, de la baisse des retraites, de l’envolée des prix et de la dégradation de leurs services publics, écoles et hôpitaux, qui souffrent naturellement des mesures de restriction budgétaire.

S’il y avait encore de vrais partis d’opposition, même sans argent et sans accès aux media, ils pourraient espérer marquer des points dimanche mais l’opposition à Vladimir Poutine a été méthodiquement brisée.

Le seul homme qui aurait pu l’incarner, Boris Nemtsov, a été assassiné.

La plupart des organisations indépendantes et le seul institut de sondage crédible, le Centre Levada, ont été contraints de se saborder sous l’accusation d’être liés à l’étranger. La télévision est entièrement aux mains du pouvoir. Les peines encourues pour manifestations non autorisées sont désormais si lourdes qu’il n’est plus guère possible de descendre dans la rue et il n’y a pas que cela.

Malgré l’état de l’économie, Vladimir Poutine continue de bénéficier d’une popularité personnelle car il continue d’incarner, aux yeux des Russes, la réaffirmation de leur pays sur la scène internationale, le retour à une fierté nationale perdue lors de l’éclatement soviétique et largement restaurée, c’est un fait, par l’annexion de la Crimée après l’écrasement de l’indépendantisme tchétchène.

Le président russe n’est pas dos au mur. Il a toujours une marge de manœuvre qui se mesurera, dimanche, au taux de participation mais l’approche de la présidentielle de 2018 sonne, pour lui, l’heure du choix. Il lui faut ou bien durcir son régime ou bien se réconcilier avec les Occidentaux. Il parait encore hésiter et c’est en Syrie qu’on verra, très bientôt, ce qu’il entend faire.

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