Ce matin, point sur la campagne électorale américaine...

Hillary Clinton à la  Convention Démocrate le 27 juillet 2016 à Philadelphie
Hillary Clinton à la Convention Démocrate le 27 juillet 2016 à Philadelphie © Getty / Spencer Platt / Employé

Oui, en plein mois d'août, presque 3 mois avant le 8 novembre, c'est trop tôt pour envisager un gagnant et trop tard pour avoir un avis sur les 2 principaux candidats. Bref, qu'ajouter de plus un 17 août ?

Eh bien, si je vous disais que l'élection présidentielle américaine n'a pas lieu le 8 novembre prochain, mais le 23 septembre, dans 6 semaines à peine ? Ca changerait tout, non ?

6 semaines, c'est à peine le temps de monter trois meetings et d’avoir en urgence des sondages qualitatifs et des pubs télévisées... en France. Aux Etats-Unis, 6 semaines c'est déjà hier : c'est-à-dire trop tard pour réagir, bien trop tard.

Or, le vote commence bel et bien le 23 septembre ! C'est ce qu'on appelle le « early vote », le vote anticipé. D'abord dans deux Etats immenses et dépeuplés où les bureaux de votes sont très éloignés : le Minnesota et le Dakota du Sud.

Puis ensuite dans 33 autres Etats, sans oublier le district de Columbia, qui permettent donc à leurs électeurs de voter bien avant le 8 novembre. Or ce « early vote » est un vrai problème pour Donald Trump.

Pour quelle raison est-ce un problème ?

D'abord parce qu'il est très important ce vote anticipé : un tiers des électeurs américains ont voté par anticipation en 2012, par exemple. Ensuite parce qu'il concerne surtout des américains âgés ou au contraire mobiles, urbains.

C'est-à-dire pile les électeurs d'Hillary Clinton, qui d'ailleurs ne s'y est pas trompée et qui mobilise dans tous les Etats en balance des équipes entières de volontaires pour faire voter le plus possible en avance.

Ensuite, il est important ce vote pour une raison de moyens : des votes anticipés ça veut dire des estimations anticipées : le candidat qui arrive en tête peut concentrer ses ressources sur des Etats plus... compétitifs, comme on dit là-bas.

Enfin, il y a une dernière raison qui plombe Trump : la séquence médiatico-politique de l’été a été catastrophique, avec des dérapages à peine contrôlés. Autrement dit, il lui faudrait beaucoup plus de 6 semaines pour redresser la barre.

Donc, selon vous, Hillary Clinton est déjà élue...

Selon moi, selon toute la presse américaine ! Et c'est bien le danger. A lire le NYT, qui donne ce matin à Mme Clinton 88% de chances d'être élue, ou n'importe quel journal de gauche comme de droite, le soulagement en « une » est palpable.

On ne compte plus les articles savants qui annoncent une catastrophe républicaine et trumpienne à venir, chiffres et sondages à l'appui. Or, il se trouve qu'il aussi difficile de mesurer le vote Trump aux Etats-Unis que le vote Le Pen en France.

Il y a ce qu'on appelle le vote caché qui ne se dévoile que le jour de l'élection et pourrait réserver de très mauvaises surprises. Il y a aussi, je ne cesse de le répéter, la capacité incroyable des Clinton à attirer sur eux les ennuis et les scandales.

En clair, l'écart dans les sondages, qui est de 6 à 7 points en faveur d'Hillary Clinton, est à regarder avec prudence, surtout de ce côté-ci de l'Atlantique où nous n'avons pas de leçons de populisme à donner aux Américains. Wait and See, donc.

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