Tant en nombre d'attentats qu'en nombre de victimes, le terrorisme est en recul dans le monde. Et pour la 3e année consécutive. Ce sont les conclusions d'une enquête minutieuse de l'Université du Maryland, commentée par l'excellent Washington Post.

 La police et les équipes d'intervention d'urgence travaillent à l'extérieur du Parlement après un attentat au cours duquel une voiture a percuté des barrières le 14 août 2018.
La police et les équipes d'intervention d'urgence travaillent à l'extérieur du Parlement après un attentat au cours duquel une voiture a percuté des barrières le 14 août 2018. © AFP / Daniel Leal-Olivas

Il y a un an, jour pour jour, des attentats endeuillaient l'Espagne. C'était les 17 et 18 août 2017, deux attentats à la voiture bélier qui ont fait 21 victimes en comptant les 5 terroristes. Des attentats d'autant plus choquants pour l'Espagne que le pays avait pris soin de ne pas participer aux opérations militaires en Syrie et en Irak.

Barcelone et la petite station balnéaire de Cambrils se sentaient étrangères à la haine djihadiste. Je rappelle par ailleurs que c'est à Madrid qu'a eu lieu en 2004 le pire attentat islamiste jamais perpétré en Europe : 191 morts dans des trains de banlieue.

Donc commémoration d'un part et aussi attaque terroriste en début de semaine à Londres, où un véhicule a tenté de foncer dans la foule aux abords de Westminster. Deux blessés légers ont été relevés et le terroriste a été immédiatement arrêté.

Londres, Westminster, une attaque passée presque inaperçue

Pour une raison bienvenue : il était complètement raté ! Les plots de sécurité installés près du parlement britannique ont parfaitement rempli leur tâche. Ajoutez à cela des policiers lourdement armés et vous obtenez un attentat qui fait pschitt !

D'une façon générale, le travail de fond réalisé par les services de police et de renseignement, ajouté aux lourds travaux de mise en sécurité de l'espace public, ont produit leur effet dissuasif : les attentats en Europe ont fortement diminué. 

Ce n'est pas moi qui le dis au doigt mouillé, ce sont les conclusions d'une passionnante enquête de l'Université américaine du Maryland publiée il y a quelques jours à peine et largement commentée par le Washington Post.

Compter les morts et les attentats un à un

Ils ont compté, tout bêtement, à la fois le nombre d'attaques terroristes et les victimes et ce, dans toutes les régions du monde. Un travail fastidieux, effectué sur plusieurs années mais, du coup : même base de calcul donc comparaison statistique possible.

En Europe de l'ouest : il y a eu en 2017, 291 attaques terroristes pour 83 morts. C'est 7% d'attentats en plus mais 65% de morts en moins par rapport à 2016. Par ailleurs, les attentats commis en Europe de l'ouest ne représentent que 3% du total mondial.

Les trois-quarts des attentats en 2017 se sont concentrés sur l'Afrique du nord et subsaharienne et le Moyen Orient : plus de 7200 attentats pour 18 483 victimes. Le terrorisme islamiste, c'est donc bien avant tout des musulmans qui tuent des musulmans.

Une enquête passionnante parce que contre-intuitive

C'est cela qui est fascinant dans cette enquête : elle est contre-intuitive. On a l'impression d'une montée irrépressible du terrorisme alors que dans les faits, il ne cesse de reculer en Europe, aux Etats-Unis et dans le monde. Et ce pour la 3e année consécutive.

20% d'attentats en moins et 24% de victimes en moins dans le monde en 2017 par rapport à 2016. En Afrique du Nord et au Moyen Orient, c'est même plus spectaculaire encore : -38% pour les attentats et -44% pour les victimes ! Alors, comment l'expliquer ?

Clairement, en plus d'une meilleure préparation des Etats, la défaite des islamistes en Irak et en Syrie y est pour beaucoup. Même s'il faut garder en tête un fait inquiétant pour l'avenir : la déconfiture des djihadistes signifie aussi leur retour en Europe.

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