Cent quarante mille fonctionnaires travaillent pour l’Autorité palestinienne. Leurs salaires font vivre près du quart de la population mais ils ne leur ont pas été versés le mois dernier et ne le seront vraisemblablement pas non plus à la fin de ce mois car le gouvernement du Hamas n’a pas d’argent. Les caisses étaient pratiquement vides avant que le Mouvement de la résistance islamique ne remporte les élections de janvier. Elles le sont totalement aujourd’hui car, devant le refus des islamistes de reconnaître Israël, Américains et Européens ont suspendu les aides qu’ils accordaient à l’Autorité palestinienne - les Israéliens ayant, parallèlement, décidé de ne plus reverser les droits de douane qu’ils perçoivent au nom de l’Autorité, non seulement le gouvernement palestinien ne peut plus payer ses fonctionnaires mais plus rien ne pourra bientôt plus fonctionner dans les Territoires car les administration ne pourront plus régler leurs factures tandis que les particuliers, de proche en proche, deviendront insolvables. La situation n’est pas grave. Elle est tragique, si politiquement et socialement dangereuse en tout cas que le Hamas tente de se tourner vers les pays musulmans pour trouver de l’argent. Mahmoud Zahar, le ministre palestinien des Affaires étrangères, était ce week-end en Egypte, première étape d’une tournée qui le mènera, cette semaine, en Arabie saoudite, en Jordanie, à Bahreïn, au Koweït et en Malaisie mais c’est une douche froide qui l’a accueilli au Caire. Prétextant d’un emploi du temps chargé, les responsables égyptiens ne lui ont pas ouvert leur porte. Il n’a pu être reçu que par le chef des services de renseignements, le général Souleimane, l’homme en charge du dossier israélo-palestinien. L’Egypte ne pouvait plus clairement dire au Hamas qu’elle n’aurait de contacts avec son gouvernement que lorsqu’il aurait accepté de reconnaître Israël et de s’inscrire dans la perspective d’un accord de paix et le message a été encore plus explicite à la Ligue arabe. D’une seule voix, les délégués des Etats membres de cette organisation réunissant l’ensemble des pays arabes ont demandé au ministre palestinien que son gouvernement se rallie au plan par lequel la Ligue avait proposé, en 2002, de reconnaître Israël en échange de la création d’un Etat palestinien sur les Territoires occupés en 1967. « Je transmettrai », a déclaré le ministre qui avait fait un pas en ce sens dans une lettre au Secrétaire général de l’Onu avant de se démentir lui-même mais, de Téhéran, le chef du bureau politique du Hamas a aussitôt rétorqué que son mouvement « ne céderait pas aux pressions et ne reconnaîtrait pas Israël ». Divisé, le Hamas ne veut pas se déjuger. Les gouvernements arabes, eux, ne veulent pas être entraînés dans une logique de guerre par des islamistes qu’ils combattent dans leurs propres pays et le gouvernement palestinien se trouve ainsi pris en étau entre les Occidentaux et les capitales musulmanes avec pour seuls soutiens la Syrie (qui appelle à des dons) et l’Iran qui vient de lui verser cinquante millions de dollars, c’est-à-dire bien peu.

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