Un point, d’abord. Pas plus qu’hier, cette chronique ne sera consacrée à l’attentat de Boston et il y a une raison à cela. Contrairement au reportage qui rapporte les faits, une chronique est faite pour proposer une analyse du pourquoi et des conséquences d’un événement. Tant qu’on ne saura pas qui sont les auteurs de cette boucherie, il n’y a pas d’analyse politique à en faire, sauf à se lance dans des gloses hasardeuses ce qui n’est en rien nécessaire.

Mme Merkel, donc, tout autre sujet mais non moins important, qui déclarait, lundi, que son pays « n’avait pas la force de mettre en place de gros programmes de conjoncture (elle voulait dire par là de relance économique) sans perdre la confiance internationale ». La chancelière répondait ainsi au secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, qui venait de l’appeler, comme tant d’économistes, à relancer la consommation dans son pays en y augmentant les salaires afin de contribuer à une relance des économies européennes par l’augmentation des importations allemandes.

C’est donc « non », un « non » catégorique puisque c’est, à l’entendre, l’intérêt national allemand qui serait en jeu mais la raison avancée par Angela Merkel est aussi contestée que contestable. Son ancien ministre des Finances, Peer Steinbrück, qui sera le candidat de la social-démocratie aux législatives de septembre prochain martèle, au contraire, que cette relance de la consommation allemande est aussi souhaitable pour l’Allemagne que pour le reste de l’Europe et le fait est que, si l’Union s’installait dans la stagnation, les exportations allemandes seraient les premières à en souffrir, dans une spirale catastrophique pour l’ensemble de la zone euro.

En campagne électorale, Mme Merkel veut se poser en défenseur des contribuables allemands et leur dire que l’Allemagne n’a pas à payer pour des partenaires qui se sont – c’est vrai – montrés moins vertueux qu’elle. Electoralement parlant, c’est une posture compréhensible mais, économiquement et politiquement, cela mène tout le monde dans le mur, d’autant plus rapidement que Berlin insiste, parallèlement, sur la nécessité de continuer à réduire les dépenses publiques alors même que la croissance s’évanouit partout.

Alors que faire ? Il ne s’agit certainement pas de casser avec l’Allemagne et de briser l’Union car ce remède serait autrement pire que le mal mais il est plus que temps d’ouvrir publiquement ce débat avec Mme Merkel, devant tous les Européens, d’au moins clarifier les choses et de tenter de la faire évoluer. Seuls la France et son président seraient à même de le faire et la grande question à poser aujourd’hui à François Hollande, et son Premier ministre, est de savoir pourquoi ils hésitent tant à le faire.

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