Quand ça va mal, diplomates et émissaires en tous genres s’agitent dans tous les sens. Entre la crise politique libanaise, le blocage israélo-palestinien, les menaces de guerre civile palestinienne, l’impasse irakienne et les ambitions nucléaires de l’Iran, cela va, aujourd’hui, si mal au Proche-Orient qu’on se teste et se parle beaucoup entre interlocuteurs les plus inattendus. Selon le Haaretz, le quotidien de référence israélien, trois années de discrètes discussions officieuses entre Israéliens et Syriens auraient ainsi abouti, il y a peu, à la définition des grandes lignes d’un projet de paix entre les deux pays. Damas et Jérusalem ont aussitôt démenti. Ehud Olmert a dénoncé, là, une « initiative privée » qui ne serait ni « sérieuse » ni « digne de commentaires » mais le fait est que des pans entiers des milieux dirigeants israéliens sont favorables à un accord avec la Syrie qui, elle, a publiquement multiplié ces dernières semaines les propositions de dialogue avec Israël. Une hirondelle n’annonce pas forcément le printemps mais quelque chose se cherche et se passe. Parallèlement, depuis le début de l’automne, les Iraniens pressent la France d’ouvrir des discussions bilatérales sur tous les sujets qui fâchent. « Parlons-nous », martèlent-ils et leur harcèlement diplomatique est tellement insistant que l’Elysée s’ouvre à cette éventualité, malgré l’échec de la tentative de compromis sur les plans atomiques iraniens que l’Europe avait menée à l’instigation de la France et malgré, aussi, les réticences des capitales arabes qui craignent de faire les frais de ces contacts. « Pourquoi ne pas voir ? », se dit-on aujourd’hui à Paris car, depuis le revers électoral qu’ont subi Mahmoud Ahmadinejad et ses partisans aux élections locales de décembre dernier, les critiques se multiplient à Téhéran contre le Président iranien, publiquement accusé d’avoir isolé le pays par son intransigeance et ses provocations. Le contact n’est pas noué. Rien n’est fait mais une porte s’est peut-être entrouverte. Et puis il y a le conflit israélo-palestinien, avec deux faits nouveaux, bien incertains mais qui sait ? Le premier, annoncé et programmé pour les trois semaines à venir, est l’organisation d’une nouvelle rencontre, mais avec participation de la secrétaire d’Etat américaine, entre le Premier ministre israélien et le Président palestinien, Mahmoud Abbas. Tout laisse penser qu’elle ne mènera à rien puisque les Etats-Unis n’ont pas mis de propositions sur la table mais il serait, d’un autre côté, risqué pour la Maison-Blanche de s’engager sans aucune perspective alors que leurs alliés arabes dont ils ont tant besoin en Irak exigent qu’ils fassent avancer ce dossier. Il y a, là, un point d’interrogation, d’autant plus intriguant que Mahmoud Abbas pourrait s’entretenir, cette semaine, à Damas, avec Khaled Meschaal, le plus dur des dirigeants du Hamas, qui vient soudain de déclarer – on le relevait vendredi – qu’Israël était « un fait ». Le volcan s’active, les pompiers s’agitent.

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