Cette guerre a maintenant une semaine. C’est jeudi dernier que les djihadistes venus du nord du Mali s’emparaient de la ville de Konna, que leur intention de marcher sur Bamako devenait évidente et que la décision de les en empêcher, approuvée le soir même par le Conseil de sécurité, a été prise à Paris.

Elle a pu être mise à exécution en à peine plus d’un jour car des plans d’intervention d’urgence avaient été préparés de longue date par les autorités françaises, conscientes que les djihadistes pourraient à tout moment tenter un coup de force plutôt que d’attendre passivement la constitution de la force africaine qui aurait dû s’attaquer à eux dans quelques six mois seulement.

Lorsqu’il donne l’ordre aux armées de s’engager, François Hollande n’ignore évidemment pas qu’il ne s’agira pas d’une simple opération de police, que la partie sera longue et difficile et que les djihadistes tenteront, en représailles, de frapper la France ou ses alliés. S’il s’y résout, pourtant, c’est que la chute de Bamako y aurait laissé 6000 otages français aux mains des djihadistes, qu’elle aurait préludé à une déstabilisation de tout le Sahel puis à des troubles au Maghreb et que toute l’Europe en aurait été menacée. Il n’y avait pas l’ombre d’une hésitation à avoir. François Hollande n’en a pas eu mais, une semaine plus tard, où en est-on ?

Avec la prise d’otages d’hier, dans le centre-est algérien, la tension s’est brutalement accrue car l’Algérie, déjà confrontée avant-hier à des tentatives d’incursion sur sa frontière sud, doit maintenant relever un défi d’autant plus redoutable que l’emploi de la force est malaisé sur un site gazier. La principale puissance militaire de la région est devenue partie au conflit après avoir accordé l’autorisation de survol de son territoire à l’aviation française. Le conflit s’internationalise car beaucoup de pays ont maintenant des ressortissants en danger sur ce site et Américains et Européens vont significativement accroître leur soutien logistique à la France qui était déjà tout, sauf inexistant.

La France n’est pas seule et le sera de moins en moins. Des troupes togolaises, tchadiennes et nigérianes seront très bientôt au sol, aux côtés des troupes françaises et maliennes. La formation, par l’Europe, de la force d’intervention panafricaine va être accélérée dès aujourd’hui et, après avoir vu leur progression vers Bamako stoppée net, les djihadistes vont devoir continuer à refluer vers le Nord car le rapport de forces n’est clairement pas en leur faveur.

Cela ne se fera pas par magie. Il y faudra de longs combats dans lesquels ils s’abriteront toujours plus derrière des civils mais l’un des leurs groupes, Ansar Dine, est déjà très profondément désorganisé et tous sont maintenant coupés de leurs bases arrière, isolés dans une zone dont la population leur est totalement hostile.

Loin d’être finie, cette guerre aura, en tout état de cause, sa deuxième bataille quand les troupes africaines devront libérer les villes du Nord. Cette bataille-là sera autrement plus incertaine, mais la France embourbée ? Seule ?

Non. La réalité n’est pas cela.

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