Un véritable défilé de grands de ce monde : tous venus à Paris rencontrer le nouveau Moïse de la politique mondiale...

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine à Versailles en mai 2017
Emmanuel Macron et Vladimir Poutine à Versailles en mai 2017 © Maxppp / Florence Gallez/Wostok Pres

Emmanuel Macron, celui qui est parvenu à faire refluer à lui tout seul la vague populiste qui menaçait de déferler sur l'Europe.

Ensuite, tous les nouveaux présidents français ont connu cet « Etat de grâce » international. Il dure entre 6 mois et 1 an. C'est le moment où, en France comme dans le monde, on leur permet de rencontrer qui ils veulent sans trop de critiques.

C'est le moment de prendre de gros paris, comme lorsque Nicolas Sarkozy avait assis Bashar el Assad sur la tribune du 14 juillet ou avait, en décembre 2007, invité Kadhafi à Paris. Emmanuel Macron est beaucoup plus prudent, et c'est tant mieux.

On a beaucoup remarqué qu'il insistait sur les rapports personnels avec ses homologues...

Embrassades, accolades, poignées de main et même, « mano a mano » pour Narendra Modi, le 1er ministre indien, ou le président Keita du Mali ! La diplomatie des papouilles est en marche ! Et c'est assez efficace, figurez-vous.

C'est assez efficace c'est efficace pour les dictateurs ou les mâles alpha du monde libre, comme Donald Trump. Moins avec Angela Merkel qui est avant tout une tacticienne et qui déteste qu'on la touche trop.

Lorsque vous lui forcez la main, elle propose invariablement d'inviter aux négos les Polonais, les Italiens ou les Néerlandais : l'assurance de mois de palabres. Xi Jinping non plus n'est pas un grand fan de ce type de diplomatie tactile.

Eh puis, ça peut fâcher des partenaires essentiels : Theresa May n'a pas apprécié qu'Emmanuel Macron lui ait chipé sa « relation spéciale » avec Donald Trump. Du coup, elle risque d'être moins avenante avec la France qui a de gros intérêt au Royaume-Uni.

Le but pour Emmanuel Macron est aussi de « présidentialiser » son image auprès des Français...

C'est vrai qu'en multipliant les rencontres prestigieuses dans des lieux prestigieux, il coupe court à ceux qui lui avait reproché sa jeunesse et son inexpérience. De plus, il a retenu la leçon de communication de Barack Obama : le média, c'est moi !

Des images léchées, toujours publiées où la Maison-Blanche le voulait : sur Facebook, twitter ou en choisissant soigneusement les médias extérieur. La rareté permet, par exemple, d'orienter le débat public dans le sens voulu :

Un exemple ? Avez-vous entendu que les lois d'habilitation des ordonnances sur le code du travail a été adopté par l'Assemblée le 13 juillet ? Non, ou si peu : l'important était, ce soir-là, de suivre le dîner au 2ème étage de la Tour Eiffel. Habile, non ?

Reste que le vrai problème de cette stratégie de com', c'est qu'elle finit par tout lisser et surtout par lasser. C'est ce qu'il s'est passé avec Barack Obama : après 8 années de contrôle total, les Américains ont préféré l'imprévisible Donald Trump.

Enfin, la dernière limite est ce qu'il s'est passé lors de la conférence de presse entre Emmanuel Macron et Donald Trump : interrogé sur leur homologue chinois, les deux hommes ont oublié de commenter la mort du dissident chinois Liu Xiaobo.

C'est plus qu'une erreur, c'est une faute qu'un tweet ne rattrapera pas.

Merci Anthony Bellanger…

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.