Comment se faire réélire dans moins de 3 ans maintenant ? Simple : il suffit d'avoir un modèle et quelques recettes éculées. Pour Donald Trump, le modèle c'est Ronald Reagan et ses recettes : baisse des impôts et mises en majesté internationales.

Tous les sommets internationaux organisés par Donald Trump sont des sommets pour rien. Et tous les sommets qu'il n'organise pas, il les perturbe par des déclarations intempestives, comme ceux de l'OTAN ou ses quelques jours en Grande-Bretagne.

On commence à comprendre la mécanique : Il aime être mis en majesté et accueilli avec pompes et circonstances : les Champs-Elysées un 14 juillet, check ! Singapour pour le dictateur joufflu de Corée du Nord, check, Helsinki avec Poutine, check !

Mais les G7 ou les sommets de l'OTAN, où il n'est qu'un « primus inter pares », non ! Alors il applique à la diplomatie ce que les chefs d'entreprise connaissent bien et redoutent : la diplomatie disruptive, comme on dit l'innovation disruptive dans les milieux d'affaires.

Diplomatie disruptive et "mano a mano"

L'innovation disruptive, c'est cette start-up sortie de nulle part, dirigée par des chevelus trentenaire et qui détruit en quelques années le modèle économique de mastodontes installés dans le paysage depuis toujours : Uber pour les taxis, AirB&B pour les hôtels.

Appliqué par le Donald à la diplomatie, ça donne : « l'Union européenne est l'ennemi », des tarrifs douaniers pour l'acier européen et canadien, des tirades sur la méchanceté de l'Allemagne ou des sommets Etats-Unis – Corée du Nord sans rien préparer.

Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autre logique que celle qui consiste – avec un plaisir non dissimulé – à mettre une pagaille monstre dans les chancelleries. Il y a bel et bien une logique désormais assez facile à décrypter, voire même à commenter...

Ronald Reagan pour unique horizon 

D'abord, Trump n'a qu'un modèle en tête : Ronald Reagan. Lorsque le 40e président des Etats-Unis a été élu en 1980, lui aussi était perçu comme une anomalie démocratique et il a pourtant révolutionné le parti républicain avec sa révolution conservatrice.

Comme Reagan, Donald Trump veut révolutionner le parti républicain, comme Reagan, Trump se méfie des instances internationales qui ne lui sont pas immédiatement inféodées, comme l'ONU, l'OTAN d'aujourd'hui ou l'Union européenne.

Comme Reagan, Donald Trump veut régler les problèmes du monde en tête à tête, comme Reagan, il veut son, voire ses sommets, avec l'URSS pour l'un, la Russie pour l'autre et, comme Reagan, Donald Trump travaille dès le 1er jour à sa réélection.

Près de 40 ans séparent Reagan de Trump

Oui, mais les bonnes vieilles recettes perdurent : pour se faire réélire, Ronald Reagan avait instillé un mélange de baisse massives des impôts et de posture internationale avec un slogan : « America is back ! » Donald Trump ne fait pas et ne dit pas autre chose !

La preuve, le soutien des électeurs républicains à Donald Trump n'a jamais été aussi élevé ! Le seul problème de cette recette éculée et reaganienne, c'est qu'en matière de diplomatie disruptive, il y a plus ancien dans un grade plus élevé que Donald Trump :

Il y a Vladimir Poutine, qui dirige la Russie depuis 20 ans – et pas depuis quelques mois – qui est un ancien du KGB – et pas un agent immobilier de luxe – et qui perturbe l'ordre mondial avec des chars et des bombardements – pas des tweets.

A votre avis, qui est le mieux préparé pour remporter la mise à ce petit jeu là ?

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