Remplacement de son directeur de campagne, sondages en berne, gestion de la crise liée au Covid-19… Il est temps de mobiliser le ban et l'arrière ban pour Donald Trump.

Trump : quand la campagne déraille
Trump : quand la campagne déraille © AFP / DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

C'est un peu la panique dans la campagne de Donald Trump. En tous cas, c'est de cette façon que le perçoit la majorité des commentateurs politiques américains et – je le précise pour avoir vérifié – de droite comme de gauche. Que s'est-il passé ? Donald Trump a décidé de changer de directeur de campagne.

Exit Brad Parscale, un autodidacte un poil excentrique, comme son patron au fond, qui travaillait pour le 45e président depuis 2018 mais qui vient de rater l'essentiel : il n'y avait qu'un peu plus de 6 000 personnes pour assister au meeting de Tulsa fin juin.

Or ce meeting devait être le grand retour en campagne du candidat Trump. On allait voir ce qu'on allait voir et l'on a vu... des rangs entiers de l'immense salle vides. Les médias anti-Trump s'en sont donnés à cœur joie, les autres étaient bien embêtés.

Quinze semaines pour mieux faire

Une petite quinzaine de semaines jusqu'aux élections du 3 novembre. Beaucoup moins si l'on retire les mois d'été jusqu'aux conventions démocrate et républicaine des 17 et 27 août. Conventions qui, de plus, se tiendront en format restreint, pandémie oblige.

En fait, si la panique commence à s'emparer de la campagne trumpienne, c'est parce que rien ne va : les sondages nationaux donnent de 8 à 15 points d'avance pour Joe Biden et les Etats en balance penchent tous vers le candidat démocrate.

Et en plus, la pandémie de covid-19 repart. Il y a quelques semaines à peine, il mourrait 400 à 500 personnes par jour aux Etats-Unis. Aujourd'hui, le chiffre est remonté à un millier par jour. A ce rythme, à la fin du mois 150 000 Américains en seront morts.

Le Covid-19, destructeur d'arguments conservateurs

A lire les sondages, clairement oui : deux-tiers d'entre eux désapprouvent sa gestion de la pandémie. Surtout, Donald Trump tourne à vide sur le sujet : accuser la Chine, rouvrir les écoles, refuser de porter le masque... Il n'a rien dit d'autre depuis des mois.

Il faut dire que sur ce thème, il est totalement pris à revers. Sa campagne reposait sur deux piliers : des arguments identitaires pour le cœur de son électorat ; l'économie et les baisses d'impôts pour rassembler Républicains au sens large et Indépendants.

Or les mobilisations antiracistes suite à la mort, fin mai, de George Floyd sont largement approuvées par les Américains, même côté républicain. Quant à l'économie, elle subit en ce moment un choc qui ne sera pas effacé d'ici novembre.

Joe Biden sur les traces de François Hollande

Beaucoup mieux et avec une recette que l'on connaît bien en France : il fait aux Américains le coup du « président normal », avec exactement le même genre d'analyse faite par François Hollande en 2007 face à Nicolas Sarkozy.

Trois ans de Donald Trump ont fini par épuiser les Américains. La semaine dernière, le président a convoqué la presse à la Maison-Blanche pour une heure de diatribe anti-Biden et quelques minutes à peine de questions – réponse aux journalistes.

Donc Joe Biden, 77 ans, a juste à avancer deux arguments : bon-sens et expérience. En résumé : c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Face à l'adrénaline et à la testostérone trumpienne, les Américains soufflent et apprécient...

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