Coupures d'électricité et d'eau, supermarchés vides, écoles fermées. Les Vénézueliens sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter le pays...

Par Anthony Bellanger

Ce matin, direction le Venezuela où la situation ne cesse de se détériorer...

Vous le savez, ce n'est pas la première fois que j'évoque ici la situation du Venezuela et à chaque fois, c'est un crève-cœur tant la détérioration est dramatique. Un exemple ? Le nombre de demandeurs d'asile vénézuéliens aux Etats-Unis a littéralement explosé.

Ils sont désormais dix fois plus nombreux à vouloir s'y réfugier qu'il y a seulement un an et les demandes d'asile venues du Venezuela, un pays de 30M d'habitants, ne sont dépassées que par les demandes chinoises, un pays d'un milliard 400 millions d'habitants.

Même constat en Espagne où, depuis le début de l'année, il y plus de demandes d'asile vénézuéliennes que syriennes ! Et le chiffre de ceux qui tentent de fuir le pays de la révolution bolivarienne ne cesse de grossir.

J'ai déjà évoqué ici les coupures d'électricité, les fonctionnaires renvoyés chez eux pour économiser le courant, les queues interminables devant des supermarchés vides, les coupures d'eau dantesques, il faut maintenant ajouter les écoles publiques fermées.

Pour quelle raison fermer les écoles ?

Parce que le salaire des enseignants n'est tout bêtement plus versé. On pense que 30 à 40% des enseignants ont renoncé à faire cours, entraînant la fermeture de classes, voire d'établissement entiers. Or, l'école n'est pas seulement un lieu d'enseignement.

C'est aussi l'endroit où la plupart des enfants pauvres du pays pouvait manger à leur faim. Pire encore, dans tout le pays, on signale des pillages massifs souvent suivis d'un couvre-feu et de centaines de policiers et de militaires patrouillant dans les rues.

Ces pillages dénoncés par le gouvernement comme un complot ourdi par l'opposition et le gouvernement américain ont un nom, un seul : ce sont des émeutes de la faim. Je pèse mes mots : le pays le plus riche d'Amérique latine a faim.

Je rappelle que le Venezuela est assis sur les premières réserves pétrolières au monde, avant l'Arabie saoudite et qu'aujourd'hui, son gouvernement est obligé de mendier à la Chine quelques centaines de millions de $ pour boucler ses fins de mois.

Le gouvernement est-il entièrement responsable de cette situation ?

Oui et plutôt mille fois qu'une. Alors que la plupart des producteurs de pétrole ont mis des centaines de milliards de côté à l'époque où le baril flirtait avec les 130$, le Venezuela n'a rien prévu, rien planifié.

Le régime a dépensé, dépensé, dépensé au point de décourager toute production locale. Il a ensuite largement nationalisé les circuits de distribution, c'est-à-dire les supermarchés, et il a enfin confié l'essentiel de l'économie aux militaires.

En clair, il a imité Cuba, où ce qui rapporte des devises, comme le secteur touristique ou les importations, sont trustés par l'armée. Au Venezuela, c'est désormais une holding détenue par l'armée qui gère le pétrole et les mines.

Et pendant ce temps, l'inflation approche les 700% annuels et le taux de mortalité infantile a été multiplié par 100 en 3 ans faute de médicaments et de médecins. Parce qu'évidement ce sont les premiers à fuir le pays vers l'Espagne ou les Etats-Unis.

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