Direction Madrid où l'on vote dans un peu plus d’un mois...

Anthony Bellanger.

Direction Madrid où l'on vote dans un peu plus d’un mois...

Et pour rappeler que c'est en Espagne que se joue une partie de l'avenir de la gauche européenne, les manifestations se sont multipliées dans tout le pays pour commémorer ce weekend les 5 ans du mouvement des Indignés de la Puerta del Sol.

Rappel des faits : les Espagnols ont déjà voté le 20 décembre dernier. Ils ont élu une sorte de parlement introuvable, avec 4 partis principaux et des régionalistes pour compléter la potée. Trois mois de négos plus tard : impossible de former une coalition.

La droite du premier ministre Rajoy était dès le début hors-jeu et s'est mise en retrait. A gauche, le jeune leader socialiste, Pedro Sanchez, n'a pas su convaincre les radicaux de Podemos d'une alliance à 3 avec le centre. Au fond, ce sont 3 jeunes loups de la politique, tous moins de 45 ans, qui n'ont pas su s'entendre.

Les élections à venir vont-elles changer la donne ?

C'est toute la question ! A priori, il y a tout de même un séisme qui se prépare. En Espagne, on appelle ça le « sorpasso » (c'est de l'Italien, au fait). Ça veut dire le dépassement. Et le dépassement en question, c'est celui de Podemos.

Selon les sondages, la gauche radicale dépasserait les socialistes en voix et peut-être même en sièges. Ça veut dire que le parti issu des Indignés arriverait en position de force pour former une coalition.

Le Parti socialiste second, dépassé par la gauche radicale, ce serait du jamais vu en 40 ans de démocratie ! De l'autre côté de l'échiquier, la droite retrouverait son score de décembre et avec le centre, obtiendrait le même nombre de députés que la gauche.

Autrement dit, si les sondages sont justes, on retrouverait deux blocs de députés parfaitement égaux, à droite comme à gauche, aucun n'obtenant la majorité mais avec une différence : la chute de la maison socialiste.

Et l'Espagne continue d'être ingouvernable...

En fait, beaucoup plus qu'on ne l'imagine vu de France. Comme toujours en Espagne, derrière les lignes partisanes, il y a des cadavres dans les placards. Le plus pesant de ces « cadavres exquis » a un fort accent catalan et pose cette question :

Pour ou contre le référendum sur l'indépendance ? Si les socialistes ont été incapables de se coaliser avec Podemos, c'est qu'ils refusent ce référendum. Si Podemos n'a pas pu aller au-delà, c'est que ses alliés régionaux exigent ce vote catalan.

La Catalogne et son indépendance rendent fous les partis politiques à Madrid. Des partis qui sont terrifiés à l'idée de rouvrir la boite de Pandore des fameuses « deux Espagnes » qui a valu une guerre civile au pays.

Ce n'est pas le seul cadavre enfoui dans les placards de l'histoire et de la politique espagnole : il y aussi la place de la monarchie. Mais, la question catalane est bien la plus cruciale parce qu'elle pose LA question essentielle : qu'est-ce qu'être Espagnol ?

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