Sombre et rose, il y a aujourd'hui deux manières de voir l'état de l'Union.

De Sofia, les nouvelles sont bonnes. De Rome, elles le sont nettement moins mais, l’un dans l’autre, où en est l’unité européenne ? 

Eh bien il y a deux manières de voir les choses. 

Nullement infondée, la première est sombre. La Grande-Bretagne est virtuellement sortie de l’Union. Les deux partis arrivés en tête aux dernières élections italiennes, la Ligue, formation d’extrême-droite, et le Mouvement 5 étoiles, parti qui emprunte, aujourd’hui, aussi bien à la gauche de la gauche qu’à la droite de la droite, ne semblent plus loin de former un gouvernement dont l’hostilité à l’Union serait l’un des premiers ciments. 

L’Autriche, elle, est gouvernée par une coalition entre sa droite et son extrême-droite et ce n'est pas tout. La République tchèque se perd dans la phobie des migrants tandis que la Pologne et la Hongrie sont aux mains de nationalistes dont la dernière préoccupation est l’état de droit. Les Pays-Bas et les pays nordiques sont arc-boutés sur ce « fétichisme budgétaire » dont Emmanuel Macron, la semaine dernière, appelait l’Allemagne à se libérer et les dirigeants allemands, enfin, hésitent toujours entre ceux qui voudraient faire leurs les propositions européennes du président français et ceux qui ont peur – à tort mais c’est ainsi – qu’elles ne conduisent à trop de dépenses et à un financement des déficits de l’Europe du Sud par les excédents allemands.

Le tableau n’est pas rose mais il y a une seconde manière de voir les choses, autrement moins sombre. Le Royaume-Uni s’en va, c’est un fait, mais jamais il n’a été aussi proche du reste de l’Union et, notamment, de la France sur la Défense commune et le refus de suivre Donald Trump dans sa sortie du compromis iranien. 

Sur l’essentiel, Londres fait si clairement front avec Paris et Berlin qu’on ne sait plus bien si la Grande-Bretagne est vraiment partante ou plutôt revenante. Patente, cette ambiguïté inhibe les nouvelles extrêmes-droites européennes qui n’osent plus mettre la sortie de l’Union en tête de leurs programmes comme si cette idée était passée de mode ou, du moins, rejetée par les électeurs qui sentent bien que le Brexit n’est pas un éblouissant succès et qu’entre Trump, Poutine et le Proche-Orient, mieux vaut, tout de même, serrer les rangs européens.

C’est sans doute ce qui explique que la Ligue et les 5 Etoiles n’aient pas immédiatement trouvé leur programme de coalition et en attendant, dans la capitale bulgare où ils sont réunis depuis hier, les Européens semblent bien faire front, contre Washington, sur le protectionnisme de Donald Trump et le dossier iranien. Les Européens veulent défendre leur droit de commercer avec l’Iran. Ils ne veulent pas non plus de droits de douane sur leurs produits à l'entrée des Etats-Unis et ce refus collectif des « caprices » américains – c'est leur mot – marque vraiment, véritablement, un vrai tournant. 

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