Barack Obama ne lâche pas prise. Loin de se laisser décourager par la rupture, en trois semaines seulement, de ces pourparlers israélo-palestiniens auxquels il avait mis tant de temps à aboutir en septembre, il s’est obstiné dans sa volonté de régler le plus vieux des conflits, a travaillé dans l’ombre à une reprise des négociations et mis au point une formule de compromis qui divise aujourd’hui la droite israélienne. Approuvée par Benjamin Netanyahu, le chef du gouvernement qui la défend depuis dimanche face aux plus à droite de ses ministres, elle repose sur un donnant-donnant entre les Etats-Unis et Israël. Les Américains augmenteraient leur aide aux Israéliens dans les domaines militaire, économique et diplomatique. Ils leur donneraient des garanties de sécurité d’une ampleur nouvelle et, en échange, les Israéliens leur feraient deux concessions de nature à rouvrir les perspectives de paix. Ils accepteraient, premièrement, de prolonger de trois mois ce gel de la construction dans les Territoires occupés dont l’interruption avaient conduit les Palestiniens à quitter la table de négociation. Ils se résoudraient, surtout, à ce que ces négociations portent d’emblée sur le tracé des frontières de la future Palestine au lieu d’être, d’abord, centrées sur les arrangements de sécurité entre Israël et l’Etat palestinien. Le pari des Américains est, en clair, d’obtenir en trois mois un accord de principe sur le tracé de la frontière entre les deux Etats qui permettrait que la question du gel de la colonisation ne se repose plus puisqu’on saurait quelles parties des Territoires seraient, au bout du compte, rattachées à Israël et qu’il n’y aurait, donc, plus de problème à ce que la construction reprenne dans ces zones-là. Les Américains parient sur une dynamique de paix, sur de tels progrès de la négociation qu’il ne serait plus possible de l’interrompre, mais quelles sont leurs chances d’aboutir ? Elles sont réelles aux yeux de Barack Obama et d’Hillary Clinton, tous deux en première ligne, l’un et l’autre convaincus que l’échec n’est pas écrit pour quatre raisons. La première est qu’ils considèrent que, faute d’obtenir une majorité au sein de son actuelle coalition, Benjamin Netanyahu pourrait en constituer une nouvelle, avec les centristes de Kadima et les gauches, tous favorables à un accord. La deuxième est que l’Autorité palestinienne veut désormais, sans l’ombre d’une ambiguïté, parvenir à un règlement définitif. Les Américains considèrent, en un mot, qu’Israéliens et Palestiniens sont mûrs pour un compromis et la troisième raison de leur volonté de ne pas lâcher prise est que les gouvernements sunnites veulent, à tout prix, que la création d’un Etat palestinien leur permette de se rapprocher d’Israël pour lutter, avec lui, contre l’Iran chiite et les mouvements islamistes. Depuis le 11 septembre et les progrès du programme nucléaire iranien, la donne régionale a changé du tout au tout. L’impossible ne l’est plus et, quatrième raison de leur obstination, les Américains savent qu’aucun gouvernement israélien ne peut durablement prolonger un bras-de-fer avec eux surtout pas au moment où l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad marche vers la bombe.

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