C’est une défaite en rase campagne. Après avoir contraint l’Etat américain à fermer ses portes et mettre ses fonctionnaires en chômage technique faute de budget, après avoir, de surcroît, menacé de ne pas relever les autorisations d’emprunt des Etats-Unis et de les mettre ainsi en cessation de paiement à compter d’aujourd’hui, le Tea party, l’aile droite du parti républicain, a finalement fait machine arrière cette nuit sans rien avoir obtenu.

Par ces blocages et ce chantage à la faillite financière de la première économie mondiale, le Tea party voulait obtenir l’abandon de la généralisation de la couverture médicale à l’ensemble des Américains. Parce qu’elle est hostile à l’Etat et à toute forme de protection sociale, la droite de la droite voulait détruire ce qui restera comme le grand œuvre de Barack Obama. Cette réforme était à leurs yeux le début du socialisme et la fin de l’Amérique parce qu’elle vient donner à 40 millions de familles pauvres les moyens de se faire soigner mais le Tea party a perdu sa bataille.

La couverture médicale n’est pas remise en question. Ils ont échoué. Barack Obama a gagné et ces extrémistes ont dû céder parce que leur jusqu’auboutisme avait dressé contre eux tout à la fois l’opinion publique et, bien sûr, les démocrates mais aussi les élus modérés de leur propre parti et les grandes entreprises, surtout, qui soutiennent traditionnellement la droite mais n’appréciaient pas du tout qu’on joue avec la stabilité et la crédibilité économiques du pays. En principe, la partie n’est que remise puisqu’il faudra maintenant trouver de vrais compromis sur la dette et le budget au premier trimestre de l’année prochaine mais, après une telle défaite, le Tea party ne sera guère en position de rouvrir une telle épreuve de force.

Reste pourtant un grand problème qui est celui des institutions américaines. Elles avaient été conçues pour forcer les deux partis à gouverner ensemble dans un compromis permanent et maintenir ainsi les Etats-Unis au centre de l’échiquier politique. C’est pour cela que le mandat présidentiel est court et qu’il y a des élections parlementaires tous les deux ans qui font des cohabitations une norme américaine mais, dès lors que l’un des partis, les Républicains en l’occurrence, doit compter avec une aile radicale et totalement intransigeante, la machine se grippe dangereusement, comme on vient de le voir. Tout autant que celles de l’Europe, ces institutions sont à repenser mais il serait bien difficile de les modifier.

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