Où l'on voit que le N°1 accroîtra encore ses pouvoirs lors du Congrès du PC chinois mais que deux grandes incertitudes guettent le pays le plus peuplé du monde

Il y a les vraies questions et celles qui le sont moins. Tout au long de ce XIX° congrès du Parti communiste chinois qui s’ouvre demain, beaucoup se demanderont jusqu’où Xi Jinping accroîtra ses pouvoirs déjà tellement immenses de chef de l’Etat le plus peuplé du monde, de N°1 d’un parti de 89 millions de membres et de chef d’armées dont le budget ne cesse d’augmenter comme si la Chine voulait pouvoir, un jour, rivaliser avec la puissance militaire des Etats-Unis.          

Chinois et étrangers, les pékinologues observeront donc la loupe la composition des nouvelles instances dirigeantes afin de voir combien de ses proches M. Xi y aura fait entrer. C’est plus fébrilement encore qu’ils attendent de savoir si le nom du N°1 sera introduit dans les statuts comme ne l’ont été que ceux de Mao, le fondateur, et de Deng, le père du tournant économique pris il y a trois décennies lorsque la Chine a opté pour le marché et qu’elle est ainsi devenue la deuxième économie du monde.           

Ce ne sont pas là des questions secondaires puisque, depuis le précédent congrès, celui qui l’avait propulsé au sommet en 2012, Xi Jinping incarne une politique, prudente mais déterminée, d’affirmation internationale de la Chine que ce prince rouge, fils d’un haut dignitaire des débuts du communisme, entend conduire en maintenant et renforçant les pouvoirs du parti.  

Pour lui, le parti communiste est l’appareil qui doit présider à la renaissance chinoise. Cet appareil se doit donc d’être fort et discipliné et M. Xi y veille, sans pitié pour ceux de ses dirigeants dont la corruption est par trop patente, impitoyable avec les dissidents et toujours soucieux d’être au cœur d’une direction qui lui soit toujours plus dévouée. Alors, oui, l’ampleur des nouveaux pouvoirs que s’adjugera ce N°1 est tout, sauf négligeable mais deux autres questions, les vraies, sont autrement plus importantes. 

La première est de savoir jusqu’à quand la Chine pourra maintenir sa croissance économique qui reste aujourd’hui de près de 7% l’an. Ce pays partait de si bas qu’il est en plein boom depuis les années 80. Il l’est comme dans une période de reconstruction, après une guerre et le maoisme en fut une, mais il n’y a pas de croissance éternelle. Le jour où cette conjoncture se retournera, l’économie mondiale en sera affectée et les Chinois demanderont des comptes à un appareil qui n’assurera plus la progression de leur niveau de vie, la promesse sur laquelle repose sa dictature.  

Des temps de grande incertitude s’ouvriront ce jour-là et, si la Chine les surmonte, une deuxième question se posera. La Chine saura-t-elle ou non trouver un équilibre avec les Etats-Unis ou les deux puissances du Pacifique en viendront-elles à se disputer l’Asie ? La réponse est que cette vertigineuse question est ouverte.

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