Ce président de la République qui s’exprimait hier devant le Parlement européen n'est pas seulement un chef d’Etat mais le héraut d’une cause qui l’habite, un avocat et militant de l’unité européenne...

Ce président de la République, Emmanuel Macron, qui s’exprimait hier devant le Parlement européen n’était pas seulement un chef d’Etat. C’était le héraut d’une cause qui l’habite, un avocat et militant de l’unité européenne venu dire aux élus des Etats membres qu’une « forme de guerre civile européenne » réapparaissait avec le développement des égoïsmes nationaux, que l’idée même de démocratie reculait jusqu’au sein de l’Union avec la fascination pour les régimes autoritaires et que rien n’était plus urgent et nécessaire que l’affirmation d’une « souveraineté européenne » permettant au vieux monde de défendre à la fois sa singularité culturelle, ses libertés, sa protection sociale et la paix et la stabilité internationales. 

Emmanuel Macron n’était pas venu là pour faire des propositions. Je l’ai déjà fait, a-t-il dit d’emblée, mais pour appeler à la mobilisation générale contre la routine et l’habitude, contre un statu quo qui mènerait vite à la désunion et au recul des valeurs portées par nos pays et pour fondamentalement dire ceci. 

« Je ne veux pas appartenir, a-t-il dit dans sa péroraison, à une génération de somnambules (mais) à une génération qui défendra cette souveraineté européenne parce que nous nous sommes battus pour l’avoir, qu’elle a un sens et qu’elle est la condition qui permettra aux générations à venir de choisir elles-mêmes leur avenir (…) Dans les mois à venir, a-t-il conclu, notre responsabilité est d’organiser le vrai débat européen  entre ceux qui veulent une Europe du repli et ceux qui sont prêts à porter une Europe de l’ambition, celle à laquelle nous croyons ».

Alors oui, c’était le lancement d’une campagne électorale mais non pas, en tout cas pas déjà, d’une campagne pour une liste contre les autres, pas même pour celle qu’il constituera en vue des élections européennes du printemps 2019, mais pour une Europe puissance et acteur de la scène internationale contre une Europe des éternels marchandages entre Etats, de l’eau tiède et du refus en fait de cette unité politique qu’il nomme « souveraineté européenne », pour ne pas dire puissance publique européenne et moins encore Etat fédéral. 

Bon, très bien, sincère et donc sympathique, mais ce ne sont là que des mots, pensera-t-on, puisque l’Union est divisée comme jamais entre souverainistes de l’Est, monétaristes du Nord et montée, comme en Italie, de nouvelles forces encore bien incertaines. 

Ce constat est en effet juste. Il ne l’est que trop mais il n’y a pourtant pas, nulle part et sans doute plus même en Grande-Bretagne, de majorité pour défaire l’Union et tout dépendra maintenant d’une bataille d’idées, d’une bataille politique paneuropéenne que ce militant-président a voulu lancer hier avant de se concerter demain avec Angela Merkel.         

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.