Echec ou succès, on ne sait pas encore. Ca tangue à Copenhague mais mettons les choses au pire. Après une intense préparation et deux semaines de travaux, cette conférence se sépare sans vrais résultats. Ce n’est pas du tout joué mais, dans cette hypothèse-là, que faudrait-il retenir ? Beaucoup parleront d’une occasion manquée, du temps perdu qui ne se rattrapera pas alors qu’il faut agir et vite. Ils n’auraient pas tort, hélas, mais il n’en resterait pas moins que, même incapable de se mettre d’accord sur un plan d’action commun, le monde aura montré qu’il a désormais pris conscience de l’urgence écologique et de la nécessité d’une approche mondiale de problèmes, écologiques et autres, qui ne peuvent plus abordés et encore moins résolus à l’échelle des nations ou d’un seul continent. Un succès serait magnifique mais, même en cas de semi-échec, une étape aura été franchie à Copenhague. Un jalon aura été posé et beaucoup des événements, crises et impasses qui font l’actualité sont à observer de la même manière, sur la durée et non pas dans l’instant, en termes de dynamique et non pas de résultats immédiats. Trois exemples. Le plus probable est maintenant qu’il n’y ait pas de compromis entre les grandes puissances et l’Iran sur la question nucléaire, que Barack Obama durcisse le ton, qu’on aille vers de nouvelles sanctions internationales et que le pouvoir iranien en profite pour porter des coups beaucoup plus sévères à ses opposants. Si c’est bien le cas, on pourra dire que les manifestations de juin ont échoué, que la main tendue de Barack Obama n’aura servi à rien et que les plus durs l’emportent à Téhéran. Ce sera vrai mais il ne sera pas moins vrai que, sans l’adresse que le président américain avait lancée du Caire au monde musulman, sans ce changement de climat, les Iraniens auraient très probablement été moins nombreux à protester contre la fraude électorale, que ce régime s’isole toujours plus, qu’il court autant de dangers à se fermer qu’à s’ouvrir et qu’il est, en un mot, au bout de souffle. Deuxième exemple : la Russie. L’arbitraire est loin d’y avoir pris fin. L’envoyée spéciale du Monde racontait hier – il faut la lire – ce qu’est la répression en Ingouchie. La violence de ce pouvoir reste odieuse mais le nouveau, l’important donc, est que l’opposition entre Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine soit toujours plus patente, que même les plus sceptiques le voient désormais et que ce jeune président russe dont on avait tant dit qu’il n’était qu’une marionnette veuille tenter de limiter l’arbitraire car le désir et le besoin d’un Etat de droit grandit à Moscou. Et puis, troisième exemple, le Proche-Orient. On disait, hier, à quel point les choses étaient bloquées entre Israéliens et Palestiniens mais il suffirait qu’ils procèdent enfin à leur échange de prisonniers et que Marwan Barghouti soit libéré à cette occasion pour qu’entre en scène un dirigeant palestinien capable de refaire l’unité de son peuple et qu'une perspective de négociation se rouvre, au moment même où l’on n’y croit plus. « Catalogue de vœux », diront les uns. « Observez mieux », diront les autres car c’est dans la durée qu’on doit juger.

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