Vitupéré sur toute la scène internationale et par son propre parti, Donald Trump a désormais un admirateur déclaré, un homme de poids, et cet homme est… Devinez qui… Vladimir Poutine.

« C’est un homme brillant et plein de talents », déclarait hier le président russe à propos du champion toutes catégories en invraisemblables énormités qui fait aujourd’hui la course en tête des primaires républicaines. « Sa façon de parler et ce qui lui permet d’augmenter sa popularité » ne nous regardent pas mais Donald Trump, a-t-il poursuivi, « souhaite des relations plus étroites et profondes avec la Russie et comment pourrait-on ne pas saluer cela ? ».

C’est un coup de foudre et l’explication en est simple. Ce Russe se retrouve en cet Américain car, outre qu’ils aiment l’un et l’autre l’argent et sont également réactionnaires, il y a une similitude frappante entre la manière dont Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir et celle par laquelle Donald Trump aimerait y parvenir.

A la fin des années 90, le premier avait enthousiasmé une Russie humiliée par la perte de son empire et de son influence internationale en levant l’étendard de la Russie de toujours, promettant de ne plus céder un pouce de terrain et jurant de poursuivre les Tchétchènes - pardon mais c’était ses mots - « jusque dans les chiottes ». Vladimir Poutine jouait alors d’un langage extrêmement cru pour faire comprendre qu’il ne s’embarrasserait pas de bonnes manières pour redresser la Russie et c’est très exactement ce que fait Donald Trump pour se rallier les plus conservateurs des Américains, la droite de la droite républicaine.

Lorsqu’il qualifie de « violeurs » les immigrés latino-américains, propose de ficher les musulmans des Etats-Unis ou d’interdire l’accès du territoire américain à tous les musulmans sans exception, lorsqu’il s’assied ainsi sur les lois et la constitution américaines, il ne fait rien d’autre qu’exprimer l’attente de l’électorat qu’il vise en criant crûment qu’il ne prendrait pas de gants pour remettre tous ces étrangers à leur place, de l’autre côté de la frontière.

Il ne fait là rien d’autre que du Poutine car il sait, comme Poutine, que l’évolution du monde et la relativisation du poids de son pays suscitent aux Etats-Unis comme en Russie une peur de l’avenir, une nostalgie du passé et un besoin d’homme fort aux solutions simples. C’est si vrai que le Financial Times relevait mercredi sous la plume de sa correspondante aux Etats-Unis et ancienne correspondante en Russie qu’on entendait exactement les mêmes mots - essentiellement se faire respecter en étant fort - dans la bouche des partisans de ces deux hommes et que le président russe est très admiré des Américains que l’on rencontre aux meetings du favori des primaires républicaines.

Bon… Donald Trump ne sera pas élu président des Etats-Unis. Il ne ferait que faire basculer le centre et la droite modérée vers Hillary Clinton mais il y a dans tout cela un air du temps que la France est très loin d’ignorer.

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