Georges Bush n’est plus le même. L’Europe n’est plus la même. La situation internationale a considérablement évolué en quelques mois et le sommet euro-américain de la semaine prochaine, à Bruxelles, devrait ainsi marquer une considérable détente transatlantique. Georges Bush n’est plus le même car, expérience aidant, son ambition n’est plus d’aller porter à coup de bombes la liberté dans de nouveaux pays. Ce n’est plus la guerre qui est à son ordre du jour. C’est la stabilisation, le règlement, de l’imbroglio irakien mais également la consolidation de la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens. C’est sur la fin de ces deux crises que Georges Bush voudrait quitter la Maison-Blanche en 2009. C’est ce souvenir qu’il voudrait laisser à la postérité, cet héritage politique qu’il voudrait léguer à ses amis républicains et, sur ces deux dossiers, il a besoin de l’Europe, financièrement et diplomatiquement. Depuis son discours d’inauguration, fin janvier, le président américain n’a donc plus cessé de tendre la main à l’Union. Tout sourire, Condoleezza Rice avait accentué ce changement de ton la semaine dernière à Paris et Georges Bush a martelé, hier, ce message. « On s’inquiète en Europe, a-t-il dit, du fait que je ne m’intéresse qu’à notre sécurité nationale. Elle est ma première priorité depuis que nous avons été attaqués, a-t-il poursuivi, mais nous nous inquiétons aussi beaucoup de la faim et des maladies. Je suis prêt à travailler avec les Européens et nous nous intéressons au climat même si le protocole de Kyoto a été un problème dans le passé ». Je suis disposé à prendre en compte vos préoccupations, a dit, en un mot, Georges Bush qui sait que les Européens sont également disposés à intégrer les siennes. Côté européen, l’évolution est en effet double. L’Union, d’abord, se découvre beaucoup plus unie qu’elle ne le croyait elle-même, sur la nécessité de régler par la voie diplomatique la question du nucléaire iranien, de fixer les objectifs des négociations israélo-palestiniennes et de promouvoir l’aide au développement et la lutte contre le réchauffement climatique. Non seulement l’Union se sent plus forte d’elle-même mais ses divisions irakiennes sont largement dépassées car les partisans européens de l’intervention américaine sont dégrisés par les faits tandis que ses adversaires, France en tête, doivent bien considérer que la question n’est plus de savoir s’il fallait y aller mais comment en sortir. Il n’y a donc plus d’électricité dans les relations transatlantiques, d’autant moins que la France et les Etats-Unis convergent sur l’affaire libanaise. Des deux alliés qui vont se retrouver mardi à Bruxelles, l’un a moins de certitudes, l’autre un peu plus et la préoccupation commune est de trouver les meilleures approches possibles. Ce ne sera pas toujours facile, loin de là. Les divergences tactiques demeurent importantes mais, même sur l’Iran, le débat est au moins aussi vif entre Américains qu’il l’est entre l’Amérique et l’Europe. Les divergences ne sont plus stratégiques, seulement tactiques et c’est toute la nouveauté.

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