Vue aérienne du Dôme du Rocher à Jérusalem
Vue aérienne du Dôme du Rocher à Jérusalem © CORBIS
« Les déclarations de Mahmoud Abbas [le président palestinien] attestent de son sérieux dans la recherche de la paix », vient de déclarer hier le chef de l’Etat israélien, Shimon Peres. En Israël, ce n’est pas le président mais le Premier ministre qui définit et conduit la politique du pays. Ce jugement de Shimon Peres n’engage, autrement dit, que lui mais il n’en confirme pas moins que des choses bougent entre Israéliens et Palestiniens. Recevant la veille, à Ramallah, quelques 250 étudiants israéliens, Mahmoud Abbas avait très significativement infléchi ses positions sur Jérusalem et la question des réfugiés, les deux points les plus difficiles dans les négociations de paix que les Américains ont relancées au début de l’été dernier. Sur Jérusalem que les Israéliens ont réunifiée en 1967 pour en faire leur capitale et dont les Palestiniens veulent aussi faire la leur, Mahmoud Abbas a expliqué qu’il ne voulait pas la « re-diviser » mais la laisser « ouverte » en établissant « une municipalité en plus de la municipalité israélienne » et en les « coordonnant dans une entité supérieure » permettant une « réelle coexistence » des deux peuples et de leurs capitales respectives. Peut-être cette idée avait-elle déjà été avancée par le président palestinien dans les conversations en cours mais c’est la première fois qu’il l’a publiquement exposée et Mahmoud Abbas n’a pas été moins audacieux sur la question des réfugiés. « Tout ce que nous demandons, a-t-il dit, c’est de mettre cette question sur la table parce qu’elle doit être résolue pour mettre fin au conflit mais nous n’allons pas chercher, a-t-il aussitôt ajouté, à inonder Israël avec des millions de réfugiés pour changer son caractère social. C’est un mensonge », a-t-il martelé en officialisant pour la première fois le fait que les Palestiniens ont depuis longtemps renoncé à exiger l’installation dans ce qui est devenu Israël des quelques 5 millions de descendants des 760 000 Palestiniens qui avaient fui leurs terres ou en avaient été chassés en 1948. Sur ces deux points, de vrais pas viennent ainsi d’être faits. On comprend qu’ils aient été aussi chaleureusement salués par Shimon Peres mais ce n’est pas tout. Ancien faucon parmi les faucons, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, s’est maintenant fait le défenseur acharné du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, face aux attaques dont l’abreuvent les partis d’extrême-droite, également membres de la coalition gouvernementale. « On ne peut attendre de Kerry qu’il présente un document répondant à 100% à toutes les attentes d’Israël mais c’est un document qui servira de base aux négociations » a-t-il notamment déclaré, il y a dix jours, en insistant sur le fait que le secrétaire d’État était un « véritable ami d’Israël » et qu’il n’était pas « très intelligent de faire d’un ami un ennemi ». Si Avigdor Lieberman anticipait une avancée dans les pourparlers de paix, il n’aurait rien dit d’autre. Ces négociations ne semblent décidément pas condamnées d’avance et, en attendant, John Kerry et Mahmoud Abbas se retrouvent demain à Paris pour un rendez-vous impromptu et le Premier ministre Benjamin Netanyahou sera reçu le 4 mars à la Maison-Blanche.
Israël-Palestine, Les principaux dossiers
Israël-Palestine, Les principaux dossiers © Ide
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.