Angela Merkel a eu 65 ans le 17 juillet. C'est l'occasion de parler d'avenir et de revenir sur l'exceptionnelle carrière de la "patronne" de l'Europe. Mais aussi sur sa méthode pour tuer toute concurrence.

Bon anniversaire Mme Angela Merkel. 65 ans, ça se fête, non ? La chancelière allemande a en effet 65 ans depuis hier, 17 juillet. Soixante-cinq années dont les 14 dernières ont été passées au pouvoir et les 18 dernières à la tête des Chrétiens-démocrates de la CDU.

C'est simple : on a peine à se souvenir du nom de son prédécesseur à la chancellerie - Gerhart Schroeder pour les archéologues. Angela Merkel, c'est un roc, c'est un cap – que dis-je – c'est une péninsule : cette péninsule européenne qu'elle a fini par incarner, à elle toute seule.

La question est : comment s'y est-elle pris pour durer si longtemps ? La réponse courte est : toujours de la même façon. Elle a systématiquement tué toute concurrence en promouvant les ambitieux. Puis elle attend qu'ils s'épuisent ou se brûlent les ailes.

AKK lui succédera-t-elle vraiment ?

A priori tout va bien pour Annegret Kramp-Karrenbauer, dit AKK : elle a été adoubé par Angela Merkel à la tête de la CDU. Sauf qu'à y regarder de plus près, la « promotion » Mme Kramp-Karrenbauer a des allures de course d'obstacles.

D'abord, elle a "perdu" les élections européennes :  avec à peine 29%, jamais la CDU/CSU n'avait obtenu un score aussi faible dans toute sa longue histoire. Ensuite, elle vient de remplacer au pied levé Ursula von der Leyen au ministère de la Défense.

Or, en Allemagne, le ministère de la Défense, c'est un peu comme le ministère de l'Ecologie en France, c'est le pire des postes pour celui ou celle qui le détient. C'est une véritable boite à claques politique, budgétaire et même philosophique.

D'abord, il y a la Constitution allemande : un texte hérité l'après-guerre, auquel les Allemands tiennent tout particulièrement dans son acception pacifiste. Donc, toute intervention ou réforme de la Bundeswehr est surveillée comme le lait sur le feu.

Ensuite, il y a les fameux 2% du PIB qu'à terme l'Allemagne est sensée consacrer à son armée. Elle en est loin et surtout, a-t-elle vraiment intérêt à y parvenir, en sachant qu'à 2% du PIB, le budget de l'armée allemande dépasserait de loin celui de l'armée française.

Autrement dit, avoir confié le ministère de la Défense à Annegret Kramp-Karrenbauer ressemble à du Angela Merkel tout craché : promouvoir l'ambitieuse, puis attendre qu'elle s'épuise ou se brûle les ailes.

Fureur et tremblements

Bien sûr, elle peut réussir là ou d'autres – beaucoup d'autres – ont lamentablement échoué. Surtout, elle peut tenter de parier sur l'affaiblissement physique d'Angela Merkel, qu'on a vu trembler mystérieusement par trois fois en quelques semaines.

Mais moi, je n'y compterais pas trop : tout de suite après le second épisode de tremblement, Angela Merkel a pris l'avion pour le Japon et a enchaîné 10 rencontres bilatérales avant de repartir pour Bruxelles et 20 heures de négociations européennes.

N'oubliez jamais qu'elle est fille de pasteur et surtout prussienne. Chez ces gens-là, Monsieur, on ne se plaint pas : en 14 années de pouvoir, Angela Merkel n'a jamais manqué une seule journée de travail.

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