Lorsqu’on prend un main un territoire, encore faut-il avoir les moyens de le gouverner. En se lançant dans leur aventure irakienne, les Etats-Unis avaient oublié cette vérité première et ce sont maintenant les islamistes palestiniens qui pourraient bientôt s’y heurter. Depuis vendredi, plus rien n’échappe au contrôle du Hamas sur la Bande de Gaza. Il y a défait le Fatah, fait la loi, y règne en maître mais que peut-il faire de cette victoire militaire ? En vérité, rien. Tout Gaza est cerné par l’armée israélienne. Israël ne coupera ni l’électricité ni l’approvisionnement en vivres et médicaments mais ce qui restait d’économie sur ce territoire est désormais condamné à une asphyxie que n’empêcherait pas même une éventuelle et difficile arrivée de fonds en provenance de Damas ou de Téhéran. Gaza va vraiment devenir une prison à ciel ouvert et cela au moment même où les Etats-Unis, l’Europe et les grands pays arabes vont reprendre et sans doute massivement leur aide à la Cisjordanie, l’autre Palestine, celle que contrôlent le président palestinien Mahmoud Abbas, son parti, le Fatah et le nouveau gouvernement qu’il a mis en place ce week-end. Les islamistes auront bien sûr la possibilité de tenter de relancer des attentats en Israël et de susciter des troubles, peut-être sérieux, en Cisjordanie. Ils auront des moyens de ne pas se faire oublier mais, sur le fond, c’est une défait politique qui les menace car ils n’auront la possibilité ni de gérer Gaza ni de porter une vraie guerre en Israël et pas même en Cisjordanie. Tout laisse ainsi penser que les islamistes n’ont fait que se tirer dans le pied la semaine dernière. Pour l’heure, la seule chose qu’ils aient à coup sûr réussie est d’avoir crée contre eux un axe qui va d’Israël au Fatah en passant – pardon du peu – par les Etats-Unis, l’Europe et les grandes capitales arabes car leur intérêt commun à tous est de ne pas laisser le Hamas asseoir son pouvoir à Gaza et, encore moins l’étendre à la Cisjordanie. Cet axe n’est pas une union, pas même un front. C’est une convergence d’intérêts mais le fait est que le Fatah, les Occidentaux, les pays arabes et Israël se trouvent soudain en position de rouvrir des négociations de paix. Les pays arabes en rêvent car leur obsession et d’isoler l’Iran et la mouvance du terrorisme islamiste. Les Etats-Unis n’y auraient qu’avantage pour les mêmes raisons. L’Europe le souhaite et Israël, pour la première fois de son histoire, a devant lui et le dit une équipe dirigeante palestinienne qui n’entretient aucune des ambiguïtés de Yasser Arafat sur un règlement définitif. Le coup de force de Gaza a paradoxalement ouvert une fenêtre d’opportunité pour la paix et, si cette occasion était saisie, la défaite politique du Hamas en serait complète car c’est toute la population palestinienne qui suivrait y compris à Gaza. Ce n’est pas un rêve. C’est une chance à ne pas laisser passer.

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