Les choses bougent en Europe. Rien n’est déjà dit. Heure par heure, point par point, tout est encore en négociations avant la réunion, le dernier week-end de ce mois, du Conseil européen, des 28 dirigeants nationaux des pays de l’Union, mais on s’oriente bel et bien vers deux décisions d’importance, sur des lignes directrices pour les prochaines années et le choix de l’homme qui devrait prendre, demain, la présidence de la Commission européenne.

Une large majorité, d’abord, semble s’esquisser en faveur d’investissements communs dans des projets susceptibles de relancer la croissance européenne. Il ne s’agirait pas de rompre avec les efforts de réduction des déficits et de l’endettement qu’exige le pacte de stabilité auquel les pays européens ont souscrit mais de les accompagner de financements communs dans les domaines de la recherche, de l’innovation ou de la formation qui pourraient non seulement soutenir l’activité et réduire le chômage mais également muscler les industries européennes qui seront toujours plus confrontées à la concurrence des autres continents et des pays émergents.

Le Conseil des 26 et 27 juin ne devrait pas entrer dans le détail des investissements à faire et de la manière d’y procéder mais il devrait en dire la nécessité, laisser le soin à la future Commission de faire des propositions plus précises et inscrire, surtout, ce nouvel objectif dans un ensemble de lignes directrices qui porteront, outre la relance de la croissance, sur les convergences fiscales et sociales dans la zone euro ; la transition énergétique ; le renforcement des frontières communes et l’affirmation d’une diplomatie et d’une Défense européennes à l’heure où les Etats-Unis réduisent leur présence en Europe tandis que grandissent les menaces communes à l’Est et au Sud.

Ces lignes directrices forment, de fait, un programme commun qui serait, tout à la fois, une réponse à des besoins économiques, sociaux et politiques et un moyen de fixer à l’Union de clairs objectifs, facilement lisibles, afin de dire à ses citoyens où ses dirigeants entendent la conduire et pourquoi.

C’est une nouvelle étape qui se prépare ainsi, un infléchissement des politiques européennes, et une majorité est parallèlement en train d’émerger sur le nom du candidat à la présidence de la Commission que le Conseil devrait proposer au Parlement. Malgré l’hostilité de la Grande-Bretagne et les réticences des Pays-Bas, de la Suède et de la Hongrie, ce sera Jean-Claude Juncker, ancien Premier ministre luxembourgeois et chef de file, aux dernières élections européennes, du PPE, le grand parti conservateur paneuropéen arrivé en tête de ce scrutin.

Les Britanniques ne veulent pas de lui car ils le considèrent comme trop fédéraliste. Mme Merkel répugnait à vraiment le soutenir par crainte de se fâcher avec Londres mais, gauche de la gauche comprise, tous les grands partis européens le soutiennent au nom de la démocratie, la majorité du Conseil veut éviter un clash avec le Parlement et Jean-Claude Juncker, surtout, est l'homme capable de veiller à la rigueur tout en promouvant l’effort d’investissements et de croissance auquel l'Italie, la France et lui-même sont favorables.

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