Pour la France, et ce n’est pas à son honneur, ce sera donc « non ». Comme la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, comme la Grande-Bretagne aussi qui voudrait tout simplement renvoyer ces malheureux dans les pays qu’ils ont fuis, la France rejette la proposition de la Commission européenne d’instaurer un système de quotas de répartition des réfugiés entre les Etats de l’Union.

C’est son Premier ministre, Manuel Valls, qui est allé le dire samedi, à Menton, en expliquant que cette proposition « n’avait jamais correspondu aux positions françaises » mais quelle est exactement l’idée de la Commission ?

Elle consisterait ou, plutôt, aurait consisté à demander à tous les Etats membres de prendre leur part de l’accueil des réfugiés plutôt que de laisser les seuls pays où ils arrivent par terre ou par mer faire face aux difficultés logistiques et politiques que crée leur venue. L’idée était de définir des quotas de répartition en fonction de la richesse, du taux de chômage et de la population de chacun des pays européens. L’idée était, en un mot, de créer une solidarité entre Etats membres, à chacun selon ses moyens et ses possibilités.

Simple et juste, c’était une belle idée mais même la France la refuse et, entre les pays qui étaient trop heureux d’échapper au problème parce qu’ils sont loin des côtes méditerranéennes et ceux dont les gouvernements craignent d’être accusés de « se soumettre, comme le dit Mme Le Pen, à l’immigrationnisme » qui serait « dans l’ADN de l’Union » - oui, oui, ce sont ses mots - le refus de cette proposition est en réalité massif.

L’égoïsme des uns s’ajoute à la lâcheté politique des autres et ce piètre spectacle appelle quelques constats.

Lorsqu’on apprend qu’un navire de plus vient de couler en Méditerranée avec des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants, le réflexe unanime, et sans doute sincère car l’émotion l’est, est d’accuser « l’Europe », autrement dit les institutions communautaires et spécifiquement la Commission. « Quelle honte ! Elle est belle cette Europe ! », dit-on alors en oubliant que la Commission ne peut rien faire que les gouvernements ne veuillent.

Quand la Commission tente, comme c’est le cas, de rappeler les gouvernements aux valeurs de l’Union et à leurs plus élémentaires devoirs et que les gouvernements lui répondent de se mêler de ce qui la regarde, qu’entend-on en revanche ? Où sont les forces politiques, les intellectuels de renom et les prestigieux journaux qui prennent la défense de la Commission contre les gouvernements ? On cherche… Il y a des exceptions pour confirmer la règle mais le silence est pesant car les gouvernements ne sont pas seuls à avoir la lâcheté de craindre la démagogie.

Et puis, enfin, quand ces forces qui ne veulent pas qu’on les qualifie d’extrême-droite prônent de renvoyer ces réfugiés à la mort au nom, comprend-on, de l’identité chrétienne de l’Europe, qui leur répond : « Chrétien ?... Vous avez dit « chrétien »… ? » Bien peu de monde en vérité, sauf François, sauf le pape, mais c’est un excentrique, comme le Christ.

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