Où l'on voit que le nouveau gouvernement français est, d'abord, conçu pour relancer l'Union

Le nouveau gouvernement français est donc issu de la gauche et de la droite, compte autant de femmes que d’hommes et moins de caciques que de novices.

Tout cela compte, bien sûr, mais sa plus réelle nouveauté, sa plus grande originalité, est d’être taillé pour cet objectif prioritaire du président de la République qu’est la relance de l’unité européenne car, enfin...

Prenons, d’abord, la diplomatie

Hier dit « des Affaires étrangères », son ministère est désormais rebaptisé « Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères » et cela signifie deux choses. L’une est que le chef de la diplomatie française sera, avant tout, en charge des affaires européennes et la deuxième est que les 26 autres pays de l’Union ne sont plus en rien considérés par la France comme des pays étrangers puisqu’ils appartiennent au même ensemble qu’elle.

Prenons ensuite le secrétariat d’Etat aux Affaires européennes

Il devient un ministère, confié à une militante de l’unité européenne, Marielle de Sarnez, qui n’ignore rien des arcanes et des points faibles de l’Union.

Prenons maintenant le Ministère de l’économie. Son nouveau titulaire est un ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Bruno Le Maire, un germanophone qui a déjà pris rendez-vous, pour lundi, avec le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Et prenons, enfin, ce n’est pas le moindre, la Défense

A l’heure de la crise ukrainienne, des chaos proche-orientaux et des interrogations pesant sur l’Otan et, depuis hier, sur la présidence Trump elle-même, la constitution d’une Défense commune européenne était devenue, depuis l’automne, un objectif de Paris et Berlin. Les entretiens de lundi entre Emmanuel Macron et Angela Merkel avaient renforcé cette priorité et qui prend le ministère des Armées ?

Sylvie Goulard, eurodéputée qui connaît l’Union comme sa poche. Elle va pouvoir jeter les bases d’une Europe de la Défense avec une autre femme qu’on dirait être son clone allemand, Ursula von der Layen, qui occupe la même fonction qu’elle à Berlin, qui est tout aussi européenne qu’elle et aussi à l’aise en français qu’elle l’est elle-même en allemand.

Non seulement c’est une équipe pour l’Europe qui prend les commandes de la France mais, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian aura pour tâche, difficile mais impérieuse, d’inscrire la diplomatie française dans le tissage d’une diplomatie franco-allemande à vocation européenne.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.