Le résultat des élections israéliennes n’est pas encore joué. Ce n’est pas avant vingt-quatre ou trente-six heures que l’on saura qui pourra gouverner avec qui à Jérusalem car, pour l’instant, la seule certitude est que, dans les trois jours précédant ce scrutin, Benjamin Netanyahou a su faire remonter la pente à la grande formation de droite qu’est son parti, le Likoud.

Tous les sondages l’avaient jusqu’au bout donné derrière l’Union sioniste, le front constitué par la gauche travailliste et les centristes, mais il a maintenant une large avance sur elle et ce retournement de situation suffit à faire du Premier ministre sortant le grand vainqueur de ces législatives. Benjamin Netanyahou reste absolument central sur la scène politique israélienne mais toute la question est de savoir au détriment de qui il a opéré ce redressement en se posant en garant de la sécurité de son pays.

Si ce sont les voix d’autres formations de droite qu’il s’est ralliées, il reste alors à voir si l’ensemble de la droite est à même ou non de constituer une majorité parlementaire. C’est probable mais pas totalement joué parce que la droite est très divisée entre laïcs et religieux et droite et extrême-droite et que certains de ses leaders pourraient être tentés de mettre Benjamin Netanyahou en difficultés afin d’affirmer leurs propres courants et de jouer le coup suivant.

La deuxième question est de savoir si la nouvelle formation sortie du Likoud, un parti de droite sociale en rupture avec le libéralisme de Benjamin Netanyahou, décidera finalement de tourner le dos à la droite et de rejoindre le centre-gauche. C’est cette formation qui pourrait, au bout du compte, faire la majorité. C’est sur elle qu’Isaac Herzog, le chef de file du centre-gauche, continuait de tabler cette nuit en déclarant que rien n’était joué et qu’il mettait « tout en œuvre pour former un véritable gouvernement social en Israël ».

Quant à la troisième question, elle est de savoir si le front constitué par les partis arabes et qui est devenu hier, avec quelques treize sièges, la troisième des forces politiques israéliennes choisira ou non d’assurer un soutien parlementaire au centre-gauche et si Isaac Herzog prendrait alors le pari de constituer un gouvernement minoritaire dépendant des voix arabes.

C’est la réponse à ces trois questions qui fera le prochain gouvernement israélien. Rien n’est déjà dit mais il y a d’ores et déjà deux conclusions à tirer de ces élections.

L’une est que la proportionnelle quasi intégrale en vigueur en Israël rend ce pays toujours plus ingouvernable en favorisant la multiplication des petits partis qui sont ainsi devenus maîtres du jeu. « Il nous manque un De Gaulle », pensent et disent de plus en plus d’Israéliens. C’est l’évidence mais il n’y a pas plus, aujourd’hui, de De Gaulle israélien que palestinien et la deuxième conclusion à tirer de ce scrutin est que la paix n’est toujours pas pour demain.

Benjamin Netanyahou - il l’avait dit lundi - ne veut pour l’instant pas d’un Etat palestinien et Isaac Herzog, même s’il parvenait à s’assurer une majorité, serait trop fragile pour en rouvrir la voie.

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