C’est une semaine qui pèsera lourd dans les relations internationales. Après-demain mercredi, les grandes puissances et l’Iran se retrouvent à Genève pour à nouveau tenter de trouver un compromis sur la question nucléaire. Après l’échec d’il y a huit jours, ou bien l’on arrive au but recherché – un accord intérimaire aux termes duquel l’Iran obtiendrait une levée partielle des sanctions économiques qui le frappent en échange de mesures de confiance sur son programme atomique – ou bien c'est l'échec et l’on entrera dans une phase inquiétante. Ce ne serait pas la guerre immédiate, des frappes américaines, israéliennes, ou les deux sur les sites nucléaires iraniens, mais on s’en approcherait dangereusement pour deux raisons. La première est que le camp réformateur qui a repris la main à Téhéran depuis l’élection en juin dernier du nouveau président Hassan Rohani en serait sérieusement affaibli au profit des durs du régime avec lesquels la poursuite des discussions serait plus compliquée qu’aujourd’hui. La seconde est que la Maison-Blanche aurait alors beaucoup de mal à convaincre les élus républicains de ne pas voter un alourdissement des sanctions rendant tout compromis quasiment impossible. Si les discussions de cette semaine échouent, l’intransigeance risque, autrement dit, de l’emporter à Téhéran comme au Congrès américain. Celle des uns nourrirait alors celle des autres et c’est une logique de guerre qui pourrait bientôt prévaloir malgré la volonté de Barack Obama de ne pas en arriver là et le désir des Iraniens d’obtenir la levée de sanctions qui étranglent leur économie. En principe, la raison devrait l’emporter. On devrait arriver à un accord que tout le monde souhaite en fait mais, si le succès est probable, l’échec est possible et la France aura là un rôle décisif car ce sont ses mises en garde sur un compromis trop hâtif qui avaient dissuadé les grandes puissances de signer quoi que ce soit au précédent rendez-vous. La France en avait été applaudie par les conservateurs américains comme par Israël où François Hollande, en visite officielle depuis hier, a réaffirmé sa fermeté sur ce dossier. La France est ainsi devenue le garant de la crédibilité d’un compromis avec les Iraniens. Si elle se montre à nouveau réticente, elle peut bloquer l’accord mais, si elle dit cette fois-ci « oui », personne ne pourra plus s’y opposer. Il n’est pas de dossier international plus important que celui-là et, sur ce dossier, la décision reviendra largement à la France.

Pour aller + loin

François Hollande entame une visite de trois jours en Israël, et compte bien relancer des relations économiques et commerciales indignes "de la qualité de la relation politique". Français et Israéliens sont notamment d'accord pour ne rien céder à l'Iran.http://www.franceinter.fr/depeche-economie-et-nucleaire-iranien-francois-hollande-en-israel Le texte de la Résolution de l'ONUhttp://www.franceonu.org/la-france-a-l-onu/dossiers-geographiques/proche-et-moyen-orient/iran-non-proliferation/article/iran-3862 Laurent Fabius devant l'AssembléeLe ministre des Affaire étrangères, lors des questions d'actualité du 12 novembre 2013, réponds au dépûté Pierre Lellouche après une question sur les négociations avec l'Iran.

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