C’est maintenant officiellement dit, des deux côtés. Barack Obama et le nouveau président iranien se sont écrits durant l’été. Le président américain l’avait indiqué, dimanche, au cours d’une interview à la chaîne ABC. Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé hier qu’Hassan Rohani avait bien reçu une lettre de félicitations du président américain après son élection du 14 juin et qu’il lui avait répondu « à travers les canaux diplomatiques existants », ce qui semble désigner la Suisse.

On ne sait bien sûr rien du contenu de ces échanges qui pourraient avoir été très protocolaires mais leur seule existence marque une commune volonté de dialogue dont les signes se multiplient à Téhéran.

Porté au pouvoir dès le premier tour après que les candidats réformateurs eurent appelé à voter pour lui et qu’il eut lui-même fait campagne sur la nécessité d’un compromis avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire, Hassan Rohani, un religieux pragmatique et courageux, avait déclaré, dès la fin juin, qu’il mènerait une politique « d’entente constructive avec le monde ».

« Les Iraniens, avait-il ajouté, ont choisi un nouveau chemin. Ils ont voulu dire qu’ils voulaient le changement et le prochain gouvernement est engagé par le vote de la majorité et le chemin choisi qui est celui de la modération ». Là-dessus, et avant même de prendre ses fonctions au début du mois d’août, Hassan Rohani avait appelé à imposer « moins de restrictions » à la jeunesse et déclaré qu’il ne fallait pas « s’ingérer » dans la vie des gens et que le filtrage des réseaux sociaux s’était révélé inefficace puisqu’il n’avait permis de bloquer aucune information importante. Le message subliminal était qu’il fallait supprimer ce filtrage.

Hassan Rohani n’avait ainsi pas tardé à affirmer sa différence avec les conservateurs et, depuis son entrée en fonctions, il a retiré le dossier nucléaire au très intransigeant Saïd Jalili pour le confier au ministre des Affaires étrangères qu’il a nommé, Mohammad Javad Sarif, un homme qui a fait ses études de droit international aux Etats-Unis et qui a représenté son pays aux Nations-Unies où il avait noué d’étroites relations avec les diplomaties occidentales. Sa seule nomination avait été un signe d’ouverture. Le fait de lui confier le dossier nucléaire en avait été un autre et, ainsi promu, Mohammad Javad Sarif a, coup sur coup, effacé la négation de l’holocauste par l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, en condamnant « le massacre des Juifs par les nazis », présenté ses vœux de Nouvel An aux Juifs iraniens et redit que l’Iran voulait désormais « lever les inquiétudes internationales sur les armes atomiques qui ne font pas partie, a-t-il dit, de la politique iranienne ».

Il y a une volonté des nouveaux dirigeants iraniens de régler la crise nucléaire afin d’obtenir la levée des sanctions internationales qui ont considérablement affaibli l’économie de leur pays. Les Etats-Unis prennent cette volonté au sérieux. La donne change mais les termes du compromis sont encore à trouver.

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