Aujourd'hui, direction l'Afrique et plus spécifiquement la Somalie d'où, pour une fois, est venue une excellente nouvelle...

C'est tellement rare que, plutôt que de chercher à compter le morts des derniers attentats de Boko Haram, j'ai voulu partager cette bonne nouvelle avec vous tous : la dernière fois q'un cas de polio a été signalé c'était en Somalie, il y a un an.

C'était le 11 août 2014 dans la province de Muduk, une région du centre de la Somalie. Depuis : plus aucun cas n'a été signalé et pas seulement en Somalie : c'est le dernier cas signalé dans toute l'Afrique. Autrement dit, le continent est à deux ans de l'éradication.

Il faut en effet trois années entières sans nouvelles contaminations pour officiellement déclarer un pays, et en l'occurence un continent tout entier, débarrassé de la maladie. Ça ne veut pas dire arrêter les vaccinations, bien au contraire. Mais c'est une victoire.

Pour bien comprendre l'importance de cette information, il faut savoir que la polio, pour être éliminée, nécessite une vaccination quasi complète de la population et dans un temps bref. Ca veut dire des milliers de bénévoles déployés et des millions de vaccins.

Donc une bonne nouvelle côté polio, alors même que l'Afrique sort d'une autre épidémie redoutable : Ebola

Oui, mais là aussi, permettez-moi de voir le verre à moitié plein. Certes, il y a eu 27 000 infections dans trois pays, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Certes, plus d'un tiers des malades sont décédés. Certes aussi, la réaction mondiale a d'abord été lente.

Certes, enfin, les trois pays en question sont durablement éprouvés et notamment dans leur système de santé. Mais d'un autre côté, il y eu une mobilisation mondiale. Remarquable même. Ebola est aujourd'hui presque entièrement éliminé. Surtout, on tient un vaccin.

Moins d'un an après la fin de la période aigüe de cette fièvre hémorragique terrifiante, un candidat vaccin est en test qui, selon les premiers résultats, protège à 100%. Un vaccin qui, en plus, est développé en Occident et bientôt testé en Guinée.

Surtout, une nouvelle économie du vaccin commence à se mettre en place : les recherches s'effectuent dans les grandes universités et c'est la communauté internationale qui prend en charge la production et la distribution. Et c'est l'avenir.

Enfin, il y a le Sida où, là aussi, des progrès remarquables ont été accomplis...

C'est peut-être d'ailleurs le résultat le plus remarquable de tous. D'où partions-nous ? Il y a moins de 20 ans, plus de 6% de la population sub-saharienne était infectée par le VIH. Avec des pointes à 30% au Botswana ou au Zimbabwe.

Il y avait plus de deux millions de nouvelles infections par an. Où en est-on aujourd'hui ? Au Botswana, par exemple, le nombre de nouvelles contaminations a été divisée par deux. Il a baissé de 40% pour toute l'Afrique subsaharienne.

De plus, l'accès généralisé aux traitement a signifié une chute brutale de la mortalité. Pour reprendre l'exemple du Botswana : il y avait 16 000 morts par an il y a 15 ans, il y en a trois fois moins aujourd'hui. Le Rwanda fait même beaucoup mieux : - 80% en 10 ans !

Alors, il n'est pas question pour moi de repeindre la réalité en rose : il y encore beaucoup trop de nouvelles infections et beaucoup trop de morts. Mais tout de même. Les efforts de l'Afrique ont sauvé la vie d'environ 5M millions de personnes sur 20 ans.

Vous savez combien de victimes a fait le groupe islamiste Boko Haram sur 20 ans ? Environ 6 000. Il n'y a évidemment pas de comparaison à faire entre ces deux chiffres. Il y a juste à prendre deux minutes, à 8h17 ce matin, pour y réfléchir.

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