Certes, l'Italie a dû fermer ses night-clubs devant une résurgence de la pandémie dans ces lieux clos, mais - tous comptes faits - elle s'en tire mieux que ses grands voisins européens.

Giuseppe Conte, premier ministre italien
Giuseppe Conte, premier ministre italien © Getty / Massimo Di Vita/Archivio Massimo Di Vita/Mondadori Portfolio

L'Italie a donc décidé de fermer toutes ses discothèques devant un regain d'infections au Covid-19. Sitôt dit, sitôt fait : tous les clubs et discothèques du pays ont été fermés dès le week-end dernier, notamment après l'identification de plusieurs foyers d'infection clairement liés à ces lieux clos festifs et la diffusion d'images sur les réseaux sociaux.

On y voyait des jeunes Italiens faisant la fête en oubliant – d'évidence sous l'effet de l'alcool – les gestes barrière, le masque... en oubliant tout en fait. Une tendance confirmée par l'effondrement de l'âge moyen des nouveaux infectés : 39 ans.

Mais ce n'est pas tout : le ministère italien de la Santé exige désormais que le port du masque soit obligatoire partout en Italie entre 18h et 6h du matin. Ce qui, si on y réfléchit 2mn, est très malin pour ne viser que les jeunes sans les stigmatiser.

Moins de nouvelles infections que partout ailleurs en Europe

C'est précisément ce qui est étonnant : si l'on regarde les chiffres, de tous les grands pays de l'Union européenne, l'Italie est le pays est celui qui s'en tire le mieux de tous les points de vue et notamment en termes de nouvelles infections. Et de loin !  

Alors que la France et l'Espagne ont connu ce mardi, respectivement, 2200 et 2100 nouvelles infections ; l'Italie en déplore cinq fois moins – environ 400 ! C'est même quatre fois moins que le bon élève européen de cette pandémie, à savoir l'Allemagne.

Les raisons de cette bonne performance de l'Italie sont nombreuses, à commencer par le traumatisme d'avoir été le premier foyer d'infection de masse en Europe, début mars. Mais il y a aussi d'autres raisons qui pourraient nous inspirer utilement...

Tous les Italiens portent des masques

Par exemple, 85% des Italiens portent des masques en permanence, même lorsqu'il n'est pas obligatoire. Et qu'on ne vienne pas leur faire le coup de "il fait trop chaud" ou "je le porte mais pas sur le nez" : l'amende est de 1000 € payable sur place. Point barre.

Autre exemple : alors que la France se traine au 53e rang mondial en nombre de tests par million d'habitants, l'Italie, elle, est 36e pour une population presque aussi importante. Enfin, lorsqu'un foyer d'infection est identifiée, l'Italie est sans pitié.

Immédiatement, l'immeuble voire le quartier est placé en confinement pour 14 jours et la réponse concernant les masques est à l'avenant : lorsqu'une ville est identifiée comme potentiellement à risque, le masque y est immédiatement rendu obligatoire.

Giuseppe Conte populaire 

C'est l'autre leçon italienne : alors qu'en France, la parole politique est apparu abimée par l'épidémie de Covid-19, en Italie c'est l'inverse : Giuseppe Conte, le Premier ministre jouit d'un popularité surprenante à plus de 60% d'opinions favorables.

A l'inverse, on n'entend plus Matteo Salvini dont le parti d'extrême-droite populiste, La Lega, s'enfonce inexorablement dans les sondages. Il est aujourd'hui donné à 25% d'intentions de vote, contre 21% pour la gauche italienne du Parti démocrate.

La raison est triple : la priorité des Italiens n'est plus à l'échouage de migrants sur les côtes, le fond de commerce de Salvini. Quant à l'autre obsession de La Ligue, l'Europe, elle vient d'allonger plus de 200 milliards d'euros, sur les 750 de son plan d'urgence.

Enfin, l'été a été meurtrier pour Matteo Salvini dont la traditionnelle tournée estivale, torse nu et selfies, a été annulée pour cause de pandémie : le cador de la politique italienne, Matteo Salvini, étouffé par un austère professeur de droit, Giuseppe Conte qu'il avait lui-même poussé au pouvoir ! C'est vraiment trop injuste !

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