Où l'on voit que, pour la Première ministre, c'était maintenant ou jamais.

L’enjeu ne sera pas le Brexit mais en fait, il le sera car... Expliquons-nous. Ces élections anticipées de juin prochain, le 8, auxquelles leur Première ministre a appelé hier les Britanniques ne constitueront pas un nouveau référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. C’est trop tard.

Le train est parti mais ce divorce s’avère si peu simple et tellement dur à négocier que Theresa May a jugé nécessaire et urgent de renforcer sa majorité parlementaire qui n’est aujourd’hui que de 17 sièges et de s’adjuger ainsi un tel succès personnel qu’elle ne puisse plus être menacée par l’entrée en dissidence d’élus conservateurs hostiles à la rupture avec l’Union.

Elle n’a pas tort. Pour elle, c’est le moment ou jamais. Elle est populaire car claire et déterminée. Le Parti travailliste accuse dans les sondages quelques vingt points de retard sur les conservateurs tant son leader, Jeremy Corbin, est trop à gauche pour l’état de l’opinion britannique et totalement flou sur les questions européennes.

Un boulevard s’ouvre aujourd’hui à Theresa May et tout la pousse à l’emprunter sans tarder car très vite, dès l’automne, elle devra soit faire des concessions à l’Union pour conserver à la Grande-Bretagne un accès privilégié au marché commun soit refuser d’en faire pour tenir les promesses du Brexit et engager alors son pays sur des voies économiquement hasardeuses.

Ce sera soit le maintien de la liberté d’installation des citoyens de l’Union en Grande-Bretagne et l’acceptation de règles communes sur la définition desquelles Londres n’aura plus son mot à dire soit la fermeture du marché européen aux entreprises britanniques qui devront en conséquence acquitter des droits de douane pour y pénétrer et donc le faire dans de bien moins bonnes conditions qu’à présent.

A l’heure du choix, cela tanguera pour Mme May qui préfère logiquement prendre les devants afin de renforcer sa position tant qu’il en est encore temps mais reste une question, une qustion à mille milliards d'euros : est-elle sûre de remporter son pari ?

D’un côté, non, Theresa May ne prend pas de risques puisque la logique du bipartisme devrait ranger les conservateurs derrière elle et qu’on ne voit ni comment ni sur quels thèmes les Travaillistes pourraient remonter la pente en si peu de temps. D’un autre côté, la Première ministre pourrait avoir, si, de mauvaises surprises puisque …

Imaginons un instant qu’Emmanuel Macron sorte vainqueur de la présidentielle française. L’irruption d’un si jeune homme aux premiers rangs de la scène internationale pourrait alors donner des idées à des Britanniques de son âge, conservateurs ou travaillistes, tentés eux aussi de transcender les partis, de le faire au nom du maintien dans l’Union, et rien ne dit que ça ne pourrait pas marcher car il y a un inconfort britannique sur le Brexit.

En politique rien n’est joué d’avance et particulièrement pas en ce moment qui est pourtant, pour Mme May, le moins mauvais possible

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