C’est non. Toute la presse israélienne demandait, hier, le départ d’Ehud Olmert mais, malgré les affaires judiciaires qui l’éclaboussent, malgré les 90% d’Israéliens qui ne lui font plus confiance, malgré, surtout, la démission du chef d’état major des armées qui est venue rappeler l’échec de la guerre du Liban, le Premier ministre n’entend pas se retirer. Ses amis l’ont martelé tout au long de la journée mais combien de temps pourra-t-il tenir cette position ? La question se pose, et les quotidiens israéliens en sont pleins, car la commission d’enquête sur les ratés de la guerre du Liban doit rendre ses premières conclusions au début du mois prochain et qu’elles alimenteront forcément les polémiques. Plus grave encore pour Ehud Olmert, son ministre de la défense, Amir Peretz, est lui aussi dans le collimateur comme responsable direct de la conduite de la guerre et, qui plus est, contesté au sein de son propre parti, le Parti travailliste, où un putsch se prépare contre lui. C’est ainsi toute la coalition au pouvoir, Kadima le parti centriste d’Ehud Olmert comme les Travaillistes, qui traverse aujourd’hui une crise d’autant plus grave qu’elle ne fait que refléter le malaise du pays. Il y a encore un an, malgré le choc de l’accident cérébral d’Ariel Sharon et son soudain retrait de la vie politique, l’optimisme régnait en Israël. Une forte majorité de la population croyait dur comme fer que, transitoirement au moins, le pays pourrait assurer sa sécurité en se retirant unilatéralement de la majeure partie de la Cisjordanie comme il l’avait fait de la Bande de Gaza pour laisser les Palestiniens de l’autre côté du Mur. Cette illusion de la « séparation » a, maintenant, volé en éclats avec le tirs de roquettes lancés de Gaza, les enlèvements de soldats israéliens, la résistance opposée par le Hezbollah aux bombardements du Liban et les troubles suscités par les affrontements inter-palestiniens. L’évidence s’est, maintenant, imposée. L’unilatéralisme ne marche pas plus que la force. Gouvernants et citoyens, Israël ne sait plus quoi faire et cela au moment même où l’implosion de la région imposerait un apaisement de ce conflit que les grandes puissances et les régimes arabes souhaitent ardemment. Alors ? Eh bien, Israël hésite entre trois scénarios : le difficile maintien, contre vents et marées, d’un Olmert à bout de souffle ; des élections anticipées qui ramèneraient la droite au pouvoir ou bien, une relève, au sein même de la coalition, avec un autre travailliste à la Défense, l’ancien premier ministre Ehud Barak, et l’actuelle ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, la star de Kadima, à la tête du gouvernement. Rien n’est joué. La confusion est totale mais, si Mme Livni, la personnalité politique la plus populaire d’Israël, finissait par prendre les commandes, c’est une femme décidée à relancer le processus de paix qui arriverait au pouvoir. Elle veut aller vite et négocier avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, sans l’éternel préalable de l’arrêt des violences. Tzipi Livni est, plus que jamais, la femme à suivre.

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