La crainte d'une "invasion" par les migrants commence à faire perdre la raison aux Occidentaux

C’est un raisonnement absolument imparable. Comme il est légalement impossible d’incarcérer leurs enfants mineurs avec les migrants ayant clandestinement franchi la frontière américaine, comme il n’est pas non plus envisageable de laisser ces clandestins en liberté en attendant leur comparution devant la Justice car ils pourraient en profiter, ces misérables, pour disparaître dans la nature, eh bien la solution s’impose. 

La solution, c’est de séparer les enfants de leurs parents. 

Quel que soit leur âge, on les enlève à leurs parents, ou les leur arrache s’ils résistent, puis les regroupe, derrière des grillages, dans des camps … Comment dire ?  Des camps pour enfants qui ne sont pas exactement des camps de vacances et dans lesquels on regroupe aussi les mineurs non-accompagnés, ceux qui avaient tenté seuls le franchissement de la frontière. 

Dans les six semaines qui ont suivi l’introduction, mi-avril, de la tolérance zéro par la Maison-Blanche, quelques 2300 enfants ont été ainsi enlevés à leurs parents qui étaient, eux, jetés en prison car il faut les juger, sévèrement, pour l’exemple. 

Laura Bush, l’épouse de Georges Bush, s’en est émue en parlant de « cruauté ». Melania Trump, la propre épouse du président, a dit « détester voir des enfants séparés de leurs parents ». Madame Clinton, Madame Carter et madame Oboma se sont jointes à ses protestations. Une vague d’indignation monte aux Etats-Unis mais Donald Trump ne cède pas, ne recule pas, car il s’agit, pour lui, de décourager l’immigration clandestine par la dissuasion et de forcer le Congrès à adopter des législations plus répressives en échange desquelles il mettrait terme à cette barbarie.  

Ces 2300 enfants, sont les otages de Donald Trump, d'un terrorisme présidentiel, mais nous, les Européens, où en sommes-nous exactement ? 

Nous sommes divisés, comme les Américains le sont, mais une petite musique se fait partout entendre dans l’Union qui dit… Eh bien, qui dit de l’Europe ce que M. Trump dit des Etats-Unis, que nous sommes menacés d’invasion, d’une invasion en cours, qu’il n’y a pas plus grande menace que les migrants, que ces migrants qui « veulent changer la culture européenne » et font monter la criminalité chez vous, nous a-t-il averti hier en s’en prenant directement à Mme Merkel.

Ce président qui dynamite l’Alliance atlantique se fait maintenant leader d’une nouvelle Internationale, celle de la peur et de la xénophobie. 

Le voilà l’allié autoproclamé des nouvelles droites européennes, dures ou extrêmes, celles qui considèrent – nul besoin de beaucoup gratter pour le comprendre – que ces ONG qui vont secourir les migrants en mer ne font que prêter la main à l’invasion et que si l’on laissait ces gens se noyer tous, sans exception, cela serait aussi dissuasif que d’arracher les enfants à leurs parents. 

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