Où l'on voit qu'un vide est en train de se créer à la tête de la première puissance du monde

Donald Trump pourrait désormais être accusé d’entrave à la justice
Donald Trump pourrait désormais être accusé d’entrave à la justice © AFP / OLIVIER DOULIERY

On n’en est pas à une destitution. Elle peut arriver puisque s’accumulent toujours plus les indices d’une connivence entre l’équipe de campagne de Donald Trump et l’ambassade russe à Washington et que le président pourrait désormais être accusé d’entrave à la justice car il aurait demandé à James Comey, le directeur du FBI qu’il vient de limoger, de laisser tomber une enquête sur Mike Flynn, son conseiller pour la sécurité nationale qu’il avait dû remercier pour contacts trop étroits et avérés avec la Russie.

Autour du président des Etats-Unis, il flotte aujourd’hui le plus inconcevable des parfums, celui d’avoir été le candidat du Kremlin et d’être ainsi tenu par lui. L’affaire est extrêmement sérieuse et peut bientôt connaître des développements décisifs puisque le département de la Justice a nommé, mercredi, un procureur spécial pour enquêter sur elle mais, à l’heure qu’il est, il n’y a pas de smoking gun, pas de pistolet fumant, pas de preuve irréfutable d’une culpabilité directe du président qui puisse entraîner sa destitution ou sa démission préventive, comme celle de Richard Nixon lors du scandale du Watergate.

Juridiquement parlant, cela veut dire beaucoup de bruit pour rien.

Politiquement parlant, en revanche, on est dans une situation totalement inédite et dont les conséquences sont d’ores et déjà sismiques. Donald Trump devient un sérieux embarras pour la majorité républicaine du Congrès qui est théoriquement la sienne. Les élus républicains ne savent déjà plus bien que choisir entre le danger de lui rester loyal et le danger pour leur parti, et leurs sièges, de le laisser tomber.

A Washington, c’est une paralysie politique qui monte, d’autant plus grave qu’à la Maison-Blanche elle-même, les plus proches collaborateurs du président s’arrachent les cheveux face à son incapacité à prendre en compte les mises en garde qu’ils lui prodiguent. Un mégalomane irresponsable, sourd et aveugle à tout, un…

Trêve de politesses, disons-le en bon français, un dingue occupe le bureau ovale et cela éclipse, de fait, la première puissance économique et militaire du monde, les Etats-Unis, dont les alliés européens, proche-orientaux, asiatiques et latino-américains se distancent avec autant de perplexité effarée que les élus républicains de Donald Trump.

Oublions le réchauffement climatique, les effets pervers de la mondialisation ou la question russe, pour le monde, le problème de l’heure s’appelle Trump, cet homme que, par parenthèses, les extrêmes droites européennes et Mme Le Pen donnaient en exemple à suivre. Un vide se crée et s’il durait, une chance pourrait bientôt s’offrir à la France et à l’Allemagne, à la FrançAllemagne et à l’Union européenne de l’occuper car la politique a horreur du vide.

On verra. C’est loin d’être joué mais nullement exclu et, en attendant, on en reparlera lundi, l’Iran vote aujourd’hui, scrutin présidentiel aussi décisif pour le Proche-Orient que pour le reste du monde.

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