le rattachement de la crimée à la russie signé
le rattachement de la crimée à la russie signé © reuters
**C’est fait, et bien plus vite que prévu. Au lieu d’attendre, comme annoncé, que ses députés se prononcent vendredi prochain sur l'annexion de la Crimée, Vladimir Poutine a précipité le mouvement non seulement en réglant l’affaire, dès hier, par décret présidentiel mais également en rompant la trêve avec les forces ukrainiennes stationnées sur la presqu’île et faisant donner l’assaut à l’une de leurs bases, opération dans laquelle deux hommes ont trouvé la mort.** C’était sa réponse aux sanctions pourtant très limitées que les Occidentaux avaient prises lundi. Le président russe a voulu montrer qu’il ne se laisserait pas intimider, qu’il ne reculerait pas et ne laisserait aucune place à quelque tentative de compromis que ce soit. C’est coup pour coup, pour un œil, les deux yeux. C’est l’engrenage, une constante montée de la tension dont on peut moins que jamais sous-estimer la gravité, et la réponse des Occidentaux ne s’est pas fait attendre. **Barack Obama** a aussitôt appelé à la réunion d’un G-7 extraordinaire en début de semaine à La Haye. Dans une posture qu’on ne lui connaissait pas, le président américain s’est posé en chef d’un camp occidental – du « monde libre », aurait-on dit aux temps de la Guerre froide – et les Européens ne sont pas en reste. Depuis hier, ils s’apprêtent à hausser le ton lors de leur sommet de demain à Bruxelles. Ils devraient y élargir la liste des personnalités russes visées par leurs sanctions, annoncer le report du sommet Europe Russie, constater la dégradation de leurs rapports avec Moscou et se prononcer clairement pour une diversification des approvisionnements énergétiques de l’Union – autrement dit, pour une réduction progressive de ses importations de gaz russe. Finalisés avant l’accélération donnée par Vladimir Poutine, les projets de résolution sont en plein remaniement. « Il accélère, donc nous accélérons », dit un haut responsable européen et le fait marquant de cette dernière journée est le durcissement de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, les deux pays qui auraient, pourtant, le plus à perdre à une diminution des échanges avec Moscou, le premier car son industrie est très engagée en Russie et le second parce que les capitaux russes contribuent très largement à la prospérité de la place de Londres. Barack Obama se met en première ligne car sa crédibilité personnelle et celle des Etats-Unis sont en jeu. Les Européens serrent les rangs pour tenter de prévenir toute nouvelle escalade de la Russie dans les provinces orientales de l’Ukraine, voire en Moldavie, une autre des anciennes républiques soviétiques déjà confrontée à la quasi sécession d’une région pro-russe, la Transdniestrie. Peut-être n’en est pas déjà là mais, tandis que la Russie veut suffisamment déstabiliser le gouvernement ukrainien pour le paralyser et le faire tomber, les Occidentaux veulent, eux, que l’élection présidentielle du 25 mai prochain puisse se tenir et que les urnes réinstallent un vrai pouvoir en Ukraine. Cette crise ne fait, en un mot, que commencer. Entre l’Europe et les Etats-Unis d’une part et la Russie, de l’autre, une course de vitesse est engagée au cœur même du continent Europe et cette situation est, oui, extrêmement inquiétante. **►** **►** **►** **ALLER + LOIN sur le site de France Inter :** [Bras de fer et violence en Crimée](http://www.franceinter.fr/depeche-la-crimee-est-une-partie-indissociable-de-la-russie) [Quand la Crimée voit la vie en russe](http://www.franceinter.fr/emission-le-zoom-de-la-redaction-quand-la-crimee-voit-sa-vie-en-russe), le zoom de la rédaction de lundi 17 mars
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