Il était convaincu que la charia allait bientôt régner en Allemagne. C’est par cette ineptie que l’homme qui avait, samedi, poignardé une candidate à la mairie de Cologne, Henriette Reker, a expliqué son geste à la police.

Toute l’Allemagne avait aussitôt exprimé son horreur de cette tentative d’assassinat. L’Allemagne a réagi avec la même unanimité que la France après les meurtres commis à Charlie Hebdo et hier, le jour de l’élection, Mme Reker a été élue dès le premier tour avec près de 53% des voix tandis que les médecins assuraient qu’elle se remettrait de ses blessures. Alors que retenir de ce week-end allemand ? Faut-il s’inquiéter de ce qu’un chômeur de longue durée, lié dans sa jeunesse à l’extrême-droite néo-nazie, se sente aujourd’hui à ce point menacé par les réfugiés syriens qu’il veuille devenir un assassin ? Ou faut-il, au contraire, se féliciter de la réaction des électeurs qui l’ont clairement condamné en portant à la tête de leur ville une femme très engagée dans l’accueil des réfugiés et qui était soutenue par les démocrates chrétiens, les Verts et les centristes du parti libéral ? La réponse paraît, bien sûr, être dans la question car un vote aussi clair a bien évidemment beaucoup plus de signification que la violence d’un extrémiste mais on ne peut pour autant pas ignorer le contexte de ce geste car enfin… Les Suisses aussi votaient hier. Leur pays n’est en rien concerné par la question des réfugiés syriens qui ne songent pas même à y demander asile mais c’est cette question qui avait dominé la campagne. Pour 48% des électeurs, elle constituait la « première priorité » et l’Union démocratique du centre, parti nationaliste aussi hostile à l’immigration qu’à l’entrée de la Suisse dans l’Union européenne, l’avait donc brandie à longueur de meetings et de débats. Son slogan était « Rester libres » - de qui, on le comprend. Ses affiches demandaient « L’Islam bientôt chez nous ? » et c’est ce parti qui a spectaculairement progressé et occupera le tiers des 200 sièges du Conseil national. La Pologne, maintenant. Les Polonais voteront, eux, dimanche prochain Après avoir porté à la présidence de la République, au printemps dernier, le candidat du parti nationaliste Droit et Justice, tout dit qu’ils donneront leurs voix aux candidats à la députation de ce même parti et renverront dans l’opposition les centristes au pouvoir. Tout le dit mais la campagne bat son plein et, comme les centristes ont accepté le plan de répartition des réfugiés entre les pays de l’Union, qu’a trouvé à faire hier le nouveau président de la République, Andrzej Duda ? Il a dénoncé les « risques épidémiologiques » que présenteraient les réfugiés et les dangers que les centristes feraient donc courir à la santé de la population. Il y a l’élection de Cologne mais il y a aussi la montée, presque partout en Europe, de nouvelles extrêmes-droites craignant toujours moins de jeter le masque.

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