Direction l'Italie via les Etats-Unis où le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a été reçu par Barack Obama…

Poignée de mains entre le Président Barack Obama et le Premier ministre Matteo Renzi dans la roseraie de la Maison Blanche
Poignée de mains entre le Président Barack Obama et le Premier ministre Matteo Renzi dans la roseraie de la Maison Blanche © Getty / Bloomberg

Par Anthony Bellanger.

D'habitude les dîners d'Etat sont la chose la plus ennuyeuse qui soit à commenter. Celui réservé à Matteo Renzi et donc à l'Italie n'échappe pas vraiment à la règle : 400 invités, une conférence de presse commune, des toasts et des compliments de circonstance. Sauf que ce dîner d'Etat là est le dernier de la présidence Obama. Et comme l'a dit Barack Obama, avec l'Italie et Matteo Renzi « j'ai gardé le meilleur pour la fin ». Le compliment n'est pas passé inaperçu : toute la presse italienne le reprend.

Et c'était exactement le but de l'opération : faire rosir de plaisir un Premier ministre italien qui semble en bien mauvaise posture. En fait, il se retrouve exactement dans la position de David Cameron, l'ex Premier ministre britannique, avant la bataille du Brexit.

David Cameron avait aussi fait le voyage de Washington avant de perdre lamentablement un référendum qu'il avait convoqué pour de très mauvaises raisons. Eh bien Matteo Renzi, lui aussi, va devoir affronter l'épreuve référendaire, le 4 décembre prochain.

Ça s'annonce si mal que cela ce référendum italien ?

En Europe et dans le monde, en ce moment, tous les référendums finissent mal. De la Colombie à la Hongrie en passant par la Grande-Bretagne, les peuples invités à se prononcer sur des questions parfois compliquées, répondent systématiquement non.

Pourtant, le référendum italien a tout pour plaire... Aux Italiens. On leur demande de répondre oui ou non à une réforme de la constitution que rendra le pays plus gouvernable.

L'idée principale est de transformer le Sénat, qui aujourd'hui a les mêmes pouvoirs que l'Assemblée nationale italienne, en une vague chambre de notables désignés et non plus élu et même pas payés. Bref, en faire un club et plus une assemblée digne de ce nom.

Logiquement, les Italiens fatigués du système actuel, devraient voter OUI. Mais voilà, Matteo Renzi a commis l'erreur de lier son sort politique au résultat. Autrement dit, ce référendum s'est transformé en plébiscite pour ou contre Renzi. Le piège s'est refermé.

Mais Matteo Renzi est-il si impopulaire ?

Quand on regarde les sondages, son parti, le Parti démocrate, résiste plutôt pas mal : il tourne autour de 30% des voix. Un score qui comblerait de bonheur les socialistes français ou des sociaux-démocrates allemands.

Mais voilà, il y a en Italie, un autre parti qui lui aussi flirte avec les 30% : un parti eurosceptique et antisystème dont l'idée principale est de « sortir les sortants » et au premier chef, Matteo Renzi. Ce parti, c'est le Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo.

Un parti qui a évidemment appelé à voter NON et qui réclamera la tête du 1er ministre et de nouvelles élections si le référendum est perdu. Et si d'aventure le Mouvement 5 Etoiles arrivait en tête lors d'élection anticipées, c'est lui qui sera en mesure de gouverner.

D'ailleurs, le danger est si pressant que Matteo Renzi refuse de dire si oui ou non il démissionnera si le NON l'emportait. Il a même profité de sa présence à Washington pour expliquer que si le non l'emportait, « ce ne serait pas une catastrophe pour l'Italie ».

Avec des déclarations pareilles, comment voulez-vous mobiliser sérieusement les électeurs italiens ?

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